Après le succès des Springboks face aux Bleus au Stade de France (17-32), voici ce qu’on retient de la rencontre.
La force mentale sud-africaine
À 14 contre 15 pendant plus d’une mi-temps après le rouge logique adressé à Lood de Jager (charge à l’épaule sur Thomas Ramos), l’Afrique du Sud n’a pas vacillé. Menés 14-6, les Boks ont imposé un défi physique constant et arrosé de coups de pied, jusqu’à faire craquer le XV de France après l’heure de jeu. Efficacité, maîtrise, sérénité: ils ont conforté leur statut de numéro 1 mondial quand les Bleus se sont éteints. Un fossé est apparu.
Thomas Ramos au-dessus du lot
Dans une ligne de trois-quarts peu influente, l’arrière a été le seul à répondre présent. Il délivre deux passes décisives pour Damian Penaud (l’une au pied, l’autre à la main). S’il n’a pas dominé les ballons hauts, il a su, par son jeu au pied, inverser la pression par moments. Sur ses relances, il bat six défenseurs et provoque l’expulsion de de Jager.
Erasmus gagne encore la bataille
Après avoir placé ses piques avant le match, Rassie Erasmus a aussi remporté le bras de fer tactique. Réorganisation parfaite à 14: sortie anticipée de Siya Kolisi (pourtant à sa 100e), repositionnement d’Andre Esterhuizen en troisième ligne, et essai au bout d’un maul à la 65e pour faire le break. Il met en avant l’effort des 23 et balaie les critiques sur l’âge: des joueurs plus sages et plus calmes. La maturité de doubles champions du monde.
La mêlée martyrisée
Annoncée difficile, elle l’a été. Avec seulement deux sélections chacun, Baptiste Erdocio (gauche) et Regis Montagne (droite) ont souffert face à la référence sud-africaine. Cinq pénalités concédées rien que dans ce secteur. Privé d’Atonio et Tatafu, Fabien Galthié avait défendu ses choix avant la rencontre; après coup, le constat est rude. Le remplaçant à droite, Dorian Aldegheri, sera lui aussi sanctionné à deux reprises. Samedi noir pour un traditionnel point fort français.
L’indiscipline fatale
13 pénalités concédées (contre 7 pour les Boks), dont cinq alors que les Bleus avaient le ballon. Sanctions en mêlée, hors-jeu, rucks… Les vingt dernières minutes sont un long passage à vide, avec des fautes dans les 22 et au milieu de terrain (six entre la 60e et la 71e). Les Sud-Africains, sûrs d’eux, choisissent les penaltouches et marquent deux essais ainsi. Louis Bielle-Biarrey écope logiquement d’un jaune pour en-avant volontaire à la 63e (17-13 pour la France alors) ; à son retour, le score est passé à 17-25. Le tournant du match.
Un banc sans impact
D’ordinaire décisifs sous Galthié, les entrants n’ont pas changé le cours du match. Les piliers sortis dès la 48e, Aldegheri sanctionné deux fois, Romain Taofifenua sans influence, Hugo Auradou lancé à la 71e en pleine tempête. Maxime Lucu, entré à l’heure de jeu, est resté discret en attaque. Seul Oscar Jégou tire un peu son épingle du jeu avec un grattage offrant les derniers points à Ramos (59e) et six plaquages. Galthié avait tenté une rotation massive et précoce (cinq avants à la 48e). Pari perdu, même s’il assume une déception d’abord collective et épargne ses remplaçants.
Les fautes de main
Les Bleus ont commis au total 18 en avants en 80 minutes ! Un chiffre beaucoup élevé et qui traduit la difficulté des Français à avoir été efficace et précis en zone de marque.
De la précipitation notable, notamment en début de seconde période pour tuer la rencontre a été préjudiciable.
Et celui peut s’expliquer par une absence de leadership pour garder de la sérénité, et donc par un problème de sélection de l’équipe (Alldritt, Serin, Jalibert, Gaillon ?), sans parler des absents (Mauvaka, Cros, Moefana, Baille).