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Le Stade Toulousain, sacré champion de France trois fois de suite, est convoqué le 26 mai devant la commission de discipline de la LNR pour plusieurs manquements présumés. Selon la Ligue, le responsable du salary cap, chargé de contrôler le respect du plafond salarial en Top 14, a relevé des dépassements du plafond sur trois des quatre dernières saisons (2021-2022, 2022-2023 et 2024-2025), ainsi que des manquements à l’obligation de transparence et de coopération entre 2021 et 2025. Le club le plus titré du rugby français (24 titres nationaux, 6 Coupes d’Europe) s’expose à une lourde amende et à une interdiction de recruter, mais pas à des sanctions sportives comme un retrait de points ou une relégation, ces mesures n’ayant été instaurées que cette saison.
Le Stade Toulousain avait déjà écopé en 2023 d’une amende de 50 000 euros avec sursis lors du départ de l’ailier sud-africain Cheslin Kolbe vers Toulon. En 2025, il a accepté, dans le cadre d’une médiation, de verser 1,3 million d’euros à la LNR concernant le transfert de l’arrière international Melvyn Jaminet en provenance de Perpignan.
Sur le fond, le club conteste le dispositif. Fin mars, son président, Didier Lacroix, a écrit à ses homologues pour demander une réforme du salary cap, qu’il juge en partie illégal et incohérent. Toulouse a aussi sollicité l’abrogation de plusieurs dispositions auprès de la LNR, qui a refusé. Le différend pourrait être porté devant le Conseil d’État. La réforme du plafond salarial anime le rugby professionnel depuis des mois : cette saison, il est fixé à 10,7 millions d’euros, augmentés selon le nombre d’internationaux français dans l’effectif. À partir de la saison prochaine, le plafond grimpera progressivement, mais les crédits liés aux internationaux seront resserrés. Le salary cap couvre les salaires, primes, avantages en nature et toute somme versée par une partie liée au club, y compris des sponsors.
D’après le rapport du salary cap manager, en 2024-2025, la moitié des clubs de Top 14 déclarent utiliser 99 % ou plus de leur plafond autorisé : l’Union Bordeaux-Bègles, Toulon, le Stade Français, La Rochelle, le Racing 92, Toulouse et Clermont. Malgré une fréquentation en hausse et des droits TV en progression, la situation financière reste fragile : en 2023-2024, le déficit d’exploitation cumulé des clubs du Top 14 a atteint 64,5 millions d’euros, la plus mauvaise performance depuis le Covid-19, avec dix clubs sur quatorze dans le rouge.