Les cadres de l’équipe de France n’ont clairement pas envie de manquer ce rendez-vous estival en Nouvelle-Zélande, même si cela implique de prolonger une saison déjà éprouvante. Alors que les tournées de juillet sont souvent l’occasion de reposer les internationaux les plus sollicités, plusieurs joueurs tricolores expriment ouvertement leur désir de faire partie du voyage chez les All Blacks.
Romain Ntamack, d’habitude plutôt épargné lors des étés chargés, ne cache pas son enthousiasme : « C’est mon rêve de jouer là-bas. […] Même si Toulouse est en finale, j’irais avec grand plaisir. Une tournée comme celle-là, c’est unique, presque inespérée. » Pour l’ouvreur toulousain, cette opportunité est tout sauf anodine et mérite une exception.
Même son de cloche chez Grégory Alldritt, qui voit dans cette tournée une étape personnelle essentielle : « Jouer dans l’hémisphère Sud, c’est quelque chose que je veux absolument vivre. » Un objectif à long terme pour le troisième ligne rochelais, qui vise déjà la Coupe du monde 2027 en Australie, mais espère bien commencer l’expérience plus tôt.
Emmanuel Meafou, lui, y ajoute une dimension personnelle. Né en Nouvelle-Zélande, grandi en Australie, il décrit ce potentiel retour comme un moment fort : « Si je suis choisi, ce sera énorme. […] Même si on sort d’une saison éreintante, si on veut être les meilleurs, il faut affronter les meilleurs. » L’appel du pays natal et la perspective de jouer devant sa famille rendent la tournée encore plus spéciale pour lui.
Quant à Jean-Baptiste Gros, le pilier toulonnais, il ne cache pas non plus son envie : « J’aimerais évidemment en être ! » Mais comme les autres, il laisse la décision finale au staff, conscient que la forme physique et les objectifs du club entreront aussi en ligne de compte.
Cette dynamique montre une évolution dans les mentalités des Bleus : les joueurs veulent affronter les meilleures nations du rugby mondial, même si cela signifie enchaîner sans répit.
Alors que cela n’était pas forcément impératif jusqu’en 2023 (puisque l’équipe de France préparait la Coupe du Monde à domicile), se confronter à une atmosphère différente est la meilleure des choses pour préparer un mondial.
Il reste maintenant à voir si la Fédération et la LNR réussiront à trouver un terrain d’entente pour permettre à ces cadres de vivre ce moment sans compromettre leur intégrité physique ni celle de leurs clubs.