Deux rencontres en prime Time un vendredi sur la Rai consécutivement. Deux branlées reçues. Une face aux All Blacks (96-17). Une face à l’équipe de France (60-7).
L’image du rugby en Italie en a pris un sacré coup avec une si piètre performance de l’équipe nationale qui n’a pas su saisir sa chance de donner une superbe promotion à ce sport, toujours dans l’ombre du Calcio.
Les coéquipiers de Michele Lamaro ont tout simplement sombré face aux Blacks et aux Bleus alors qu’ils avaient clairement affiché leur ambition de se qualifier pour la première fois de leur histoire en quart de finale de la Coupe du Monde. Leur parole est à présente moquée et à juste titre.
Pourtant, de réels espoirs existaient depuis les deux derniers Tournois des Six Nations.
Vainqueurs au Pays de Galles en 2022 (21-22), les Italiens étaient depuis ce match en croissance. Leur Tournoi 2023 avait été rageant. Les hommes de Kieran Crowley avaient réussi à accrocher tous leurs adversaires mais avaient à chaque fois échoué de peu.
Manque de rigueur
De fait, c’est le manque de rigueur de l’Italie qui manquait cruellement à la squaddra azzura pour accrocher à son tableau de chasse les cinq autres nations. Notamment dans le jeu au pied.
Les Italiens avaient pris la fâcheuse tendance à trop jouer depuis leurs 22 mètres et donc à s’exposer à des contres assassins. L’équipe de France en avait d’ailleurs profité en inscrivant ses trois premiers essais en contrant les Italiens chez eux.
Et on l’a encore vu dans cette Coupe du Monde. Les Azzuri manquaient de précision dans leurs sorties de camp face aux All Blacks et aux Bleus. Idem sur les renvois, pas toujours bien tapés, et qui permettaient aux adversaires de se sortir facilement de la pression.
Face à l’équipe de France, les renvois étaient soit trop courts, soit pas assez hauts pour mettre la pression.
Comble pour l’Italie, la conquête n’a également pas été à la hauteur du niveau international.
Six mêlées et cinq touches perdues face à la Nouvelle-Zélande. Deux mêlées et deux touches perdues face à la France.
Cela est clairement le résultat d’un manque de rigueur payé cash lors de cette Coupe du Monde.
Ange Capuozzo et ses potes, restent tout de même très entreprenants et bourrés de talent. Mais ils mettent la charrue avant la bœufs. L’équipe de Crowley pense au spectacle avant les fondamentaux et cela ne passe pas à ce niveau.
Kieran Crowley et les joueurs : le divorce ?
On s’est tous demandé pourquoi Michele Lamaro est sorti à peine quelques minutes après le début de la seconde période ce vendredi soir face à l’équipe de France à Lyon.
Lamaro, capitaine exemplaire de l’Italie, n’en revenait pas de sortir du terrain. S’il est vrai que le joueur de Trévise n’avait pas été aussi bon à cette Coupe du Monde qu’à l’accoutumée, soyons honnêtes en disant que c’était à peu près pareil pour le reste de l’équipe.
Peut-être un choc psychologique tenté par le sélectionneur pour sa dernière avec l’Italie, pour réveiller ses joueurs. Mais cela n’a rien changé.
Depuis que l’on sait que Crowley ne sera plus le sélectionneur italien après le mondial (remplacé par Gonzalo Quesada), peut-être que le lien entre le staff et les joueurs s’est rompu et n’a pas résisté à la longue vie en commun depuis début juillet.
Gonzalo Quesada, nouvel espoir ?
Maintenant que Kieran Crowley s’en va et qu’il laisse derrière lui une équipe bourrée de talent qui sait jouer au ballon, que peut apporter le technicien argentin à cette équipe d’Italie ?
Au Stade Français ces dernières années, si le jeu des Parisiens était loin d’être glamour, il restait tout de même efficace avec un jeu au pied maitrisé et une conquête très solide.
D’ailleurs, Quesada était dans le staff de l’équipe de France de Marc Lièvremont en 2011, en qualité de spécialiste du jeu au pied.
Et comme le rappelait L’Equipe dans un papier de 2015, Quesada avait permis rétablir le lien brisé entre l’équipe de France de l’époque et le Staff, alors que les tensions étaient palpables (le fameux épisode des « sales gosses »).
Son côté méticuleux, précis, humain, peut beaucoup apporter à l’Italie, qui ne demande désormais qu’à gagner en sérieux. Elle qui possède déjà le talent et la folie. Et qui sait, ce que donnerait un sélectionneur latin dans une équipe qui l’est tellement.