Six Nations. Warren Gatland, le vrai responsable du marasme Gallois ?

Le Pays de Galles connaît la pire période de son histoire. Avec cette treizième défaite d’affilée (depuis le quart de finale de la Coupe du Monde 2023 contre l’Argentine), le XV du Poireau fait peur et inquiète pour son avenir. 

Il y a encore quelques saisons, on aurait eu du mal à imaginer le Pays de Galles en lice pour la cuillère de bois dans le Tournoi des Six Nations. C’est à dire donc l’Italie favorite face aux Diables Rouges !

Le sélectionneur Warren Gatland, revenu à la tête de la sélection en 2023 trois ans après la fin de son premier long mandat (2008-2019), aussi bienfaiteur du rugby gallois qu’il a été dans les années 2010, est en partie responsable du marasme actuel. 

Déjà, concrètement, un sélectionneur qui reste douze ans à la tête d’une équipe, c’est difficile de ne pas voir en lui une part de responsabilité dans les choix sportifs qui se paient actuellement. 

On parle ici du Warrenball. Cette expression qui définissait le jeu Gallois à partir de 2013/14 environ. Du jeu simple, direct. Une utilisation de trois-quarts de plus de 100kg. Beaucoup d’occupation. Et voilà. 

Alors que les Gallois avaient à la fin des années 2000 un très beau volume de jeu, symbolisé par des joueurs tels que Gavin Henson, James Hook, Shane Williams, ils ont été progressivement remplacés par des Jamie Roberts, Dan Biggar, George North. 

Un jeu plus fermé, et surtout un manque cruel d’ambition du rugby gallois en général. 

Le Pays de Galles affirmait clairement tout miser sur le Tournoi des Six Nations, et donc préparer ses joueurs uniquement pour cette compétition. Avec leur jeu minimaliste et le pic de forme impressionnant des joueurs, cela fonctionnait pour viser les premières places. 

Mais la conséquence était de perdre régulièrement en novembre et juin les Tests Matchs face aux nations du Sud. Pire. Les clubs, pourtant bien armés et compétitifs, se sont complètement vautrés au fur et à mesure des années Gatland. 

À l’inverse, un pays comme l’Irlande, possède un plan fédéral englobant toutes les provinces et la sélection avec des objectifs de résultats élevés sur plusieurs années. 

La comparaison fait tâche et difficile de ne pas inculper à Warren Gatland la responsabilité de la formation galloise devenue très faible et plus du tout adaptée au rugby moderne. 

Néanmoins, le rugby gallois possède de solides bases. À commencer par le Millenium Stadium. 

Construite en 1999 pour la Coupe du Monde, l’enceinte de Cardiff est depuis largement amortie et présente une vraie source de revenue pour la fédération. 

Enfin, une réflexion au Pays de Galles pour restructurer le rugby des clubs et les provinces, est sur la table. Sans doute un passage à trois clubs se fera prochainement.