Équipe de France. Mais où est passé Shaun Edwards, l’entraîneur de la défense des Bleus ?

31. C’est le nombre d’essais qu’a encaissé l’équipe de France en cette année 2025. Un nombre record depuis l’arrivée de Fabien Galthié à la tête des Bleus en 2020.

Surtout, c’est la présence de Shaun Edwards, ancien entraîneur emblématique de la défense du Pays de Galles entre 2008 et 2019 sous Warren Gatland, avec qui il a notamment remporté trois grands chelems dans le Tournoi des Six Nations (2008, 2012, 2019), en plus de hisser les Diables Rouges à deux reprises en demi-finale de Coupe du Monde (2011 et 2019), qui interroge.

Omniprésent au début du mandat dans la presse et dans la communication du staff des Bleus, l’homme de Wigan se fait désormais discret, comme la défense tricolore. Est-ce le signe d’un secteur de jeu en perdition ?

L’atout numéro un du Grand Chelem de 2022

Les chiffres sont clairs et net. 2022 a été l’année la plus prolifique en défense avec uniquement 17 essais encaissés en 10 matchs. Soit une moyenne d’à peine 1,7 essai par rencontre.

Largement suffisant pour bâtir la victoire avec Grand Chelem dans le Tournoi 2022, prime de l’équipe de France.

La meilleure année officiellement avait été néanmoins 2020, avec 1,66 essai encaissé par rencontre (15 essais en 9 matchs). Mais nous avions rencontré deux fois l’Italie (donc ça compte pas).

2021, plus délicate, a vu les Français encaisser 25 essais en 11 rencontres. Ce qui a empêché les Bleus d’obtenir un résultat dans le Six Nations de la même année, notamment par la défaite face à l’Écosse (23-27) et en Angleterre (20-23).

2023, commençait déjà à être inquiétante. En 14 rencontres disputées, le XV de France a encaissé la bagatelle de 34 essais, soit environ 2,4 essais par match. On se souvient notamment des quatre essais encaissés face aux Springboks en quart de finale de la Coupe du Monde.

Pire en 2024 : 25 essais encaissés en 10 matchs (moyenne de 2,5).

Et enfin 2025 qui battra le record quoi qu’il arrive : 31 essais encaissés avant la rencontre face aux Wallabies (soit actuellement une moyenne de 3,1 essai qui sera de minimum 2,8 si les Français n’encaissent aucun essai ce samedi).

Plus les années passent, moins le secteur pourtant afficher en fanfare par Fabien Galthié est devenu la clef de la réussite tricolore.

Quel type de défense ?

Souvenez-vous des deux premières années des Bleus depuis 2020. L’Équipe de France décidait de mettre en place une défense en inversée pour mettre sous pression les attaques adverses.

Une pression permanente dans les rucks, aux plaquages, aux chasses des adversaires d’Antoine Dupont. Un harcèlement constant qui faisait suffoquer tout le monde.

Or, depuis que l’Irlande, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande se sont adaptées, notre défense parait beaucoup plus perméable.

On a par exemple tous en tête comment l’Irlande est rentrée comme dans du beurre dans la ligne tricolore à Marseille lors du Tournoi des Six Nations 2024.

Une méthode si infaillible ?

Et si, depuis le début, les chiffres étaient trompeurs ?

Certes, le Pays de Galles a eu des succès retentissant en 12 années de mandat de Warren Gatland. Mais c’était sans compter des branlées mémorables reçues face à des équipes comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Des nations plus dynamiques et joueuses.

Or, en 2020, les Bleus n’ont pas affronté une seule nation du Sud pour cause de Covid. Les Français se sont contentés d’affronter entre début 2020 et mars 2021 un même style d’équipe, c’est à dire une nation britannique (à part l’Italie mais ils étaient VRAIMENT nuls à ce moment-là) avec une attaque à plusieurs temps de jeu et sans vitesse éclair.

Du pain béni pour les Bleus.

Mais depuis que l’on affronte l’Afrique du Sud, les All Blacks, les Wallabies, voir les Fidji (!), cela devient de suite beaucoup plus délicat.

Les plaquages à deux, agressifs sur le porteur de balle, sont efficaces et en soit une bonne chose. Mais force est de constater que cela ne suffit plus dès que l’adversaire est coriace devant et vif derrière.

Un problème physique avant tout ?

Aussi, posons-nous la question de la condition physique de l’équipe de France.

Jusqu’à 2023, Thibault Giroud était le préparateur physique de l’équipe. Et a été remplacé par Nicolas Jeanjean.

En ce début de saison, les Bleus n’affichent pas une forme olympique et peinent à être en canne comme on avait l’habitude de le voir les années précédentes.

Cependant, j’ajoute des réserves sur la période 2020-23.

Certes, les Bleus dominaient leurs adversaires physiquement, mais il y avait systématiquement un énorme passage à vide au retour des vestiaires qui laissait revenir l’adversaire. Notamment en 2021-22 (All Blacks, Irlande, Angleterre).

De plus, le staff avait la chance de pouvoir cibler une rencontre en particulier, et de ne pas à avoir entraîner l’effectif à enchaîner plusieurs matchs importants à haute intensité.

C’est comme cela que nous avons battu les All Blacks (en jouant d’abord l’Argentine puis la Géorgie), l’Irlande (en jouant une semaine avant l’Italie) et l’Angleterre (en jouant d’abord le Pays de Galles) en 2022.

Cette année, la rencontre face à l’Afrique du Sud est tombée dès le premier match de la tournée d’Automne, suivie de l’opposition face aux Fidji. Un enchaînement on va dire courageux auquel on est pas vraiment habitué.

La rencontre face à l’Australie sera donc à cet égard intéressante pour voir on se situe l’équipe de France physiquement, face à un adversaire fatigué et éprouvé par une saison riche en émotion (Lions Britanniques et Rugby Championship).

Quant à notre défense, j’ai toujours pensé que l’adage « la meilleure défense, c’est l’attaque » n’était pas si inintéressante que cela.