Rugby. Yann Roubert, futur président de la LNR après le retrait de René Bouscatel

L’élection du nouveau président de la Ligue Nationale de Rugby (LNR) et de son comité directeur aura lieu officiellement ce jeudi. Pourtant, le suspense a déjà pris fin ce mercredi : nettement battu lors d’un vote interne à l’Union des Clubs Professionnels de Rugby (UCPR), René Bouscatel a choisi de se retirer, laissant Yann Roubert seul en lice pour prendre la tête du rugby professionnel français.

Un vote interne décisif

Les présidents des 30 clubs professionnels (ou leurs représentants) se sont réunis ce mercredi soir à Paris dans le cadre de l’UCPR, leur syndicat. Ce vote informel, qui servait de répétition avant l’élection officielle, a tourné à l’avantage de Yann Roubert, qui a recueilli 18 voix contre 11 pour Bouscatel (avec un vote blanc). Face à cet écart significatif, l’actuel président de la LNR a préféré se retirer, reconnaissant que la bataille était perdue.

Avec ce retrait, Yann Roubert devrait être intronisé sans opposition lors du vote officiel de jeudi. Il prendra ainsi la succession de Bouscatel à la tête de la LNR, dans un climat bien plus apaisé que lors de la dernière élection, en 2020, qui avait été marquée par de longues tractations et tensions.

Bouscatel respecte son engagement

La réunion s’est tenue à l’hôtel Pullman de Paris Bercy, où aura également lieu l’élection officielle. Fidèle à sa promesse d’éviter une fracture au sein du rugby français, René Bouscatel a acté son retrait après ce premier vote clair. Il n’a pas cherché à provoquer un affrontement supplémentaire, contribuant ainsi à préserver l’unité du rugby professionnel.

D’ailleurs, les discussions entre les deux camps sont restées constructives. L’idée d’offrir à Bouscatel un poste au sein du comité directeur de la LNR en tant que « personnalité qualifiée » a rapidement été évoquée, signe d’une transition en douceur.

Un mandat chargé pour Roubert

Yann Roubert, actuel président du Lou Rugby, va désormais quitter ses fonctions au sein du club lyonnais pour endosser son nouveau rôle à la LNR. Ce dirigeant de 47 ans, également alpiniste de bon niveau, représente une nouvelle génération à la tête du rugby français.

Dès son arrivée, il devra s’attaquer à plusieurs dossiers brûlants, notamment celui du salary cap et de ses éventuels contournements, sujet de tensions entre les clubs ces derniers mois. Il s’est d’ailleurs montré intransigeant sur la question, déclarant récemment à Midi Olympique : « Il est absolument intolérable qu’il y ait la moindre tricherie dans le rugby français. Je suis pour une application stricte des sanctions et même pour les aggraver nettement en cas de récidive. »

Mais son mandat ne se limitera pas à cette question. Il devra aussi :

• Développer le rugby féminin et renforcer son attractivité,

• Négocier avec la FFR pour obtenir plus de soutien financier en faveur du rugby amateur,

• Accélérer la croissance de la Pro D2, en améliorant sa visibilité et son modèle économique,

• Travailler sur l’évolution du salary cap, notamment les “crédits internationaux” destinés aux clubs qui fournissent des joueurs au XV de France.

Un programme ambitieux attend donc Yann Roubert, qui s’apprête à prendre les rênes de la LNR dans un contexte à la fois complexe et stratégique pour l’avenir du rugby professionnel français.