Rugby. « Toute notre stratégie à la Coupe du Monde était pensée pour battre l’Irlande »

Will Jordan révèle les coulisses de la victoire légendaire des All Blacks contre l’Irlande en quart de finale de la Coupe du monde 2023

Le 14 octobre 2023 restera gravé dans l’histoire du rugby. Ce soir-là, au Stade de France, les All Blacks ont battu l’Irlande dans l’un des matchs les plus intenses jamais disputés en Coupe du monde. Aujourd’hui, Will Jordan, l’ailier néo-zélandais, revient sur ce match mythique qui a marqué les esprits.

Un choc attendu de longue date

“C’était dingue,” raconte Will Jordan dans le podcast The Good, The Bad & The Rugby. “Dès le tirage au sort, deux ans avant, on savait que les quarts de finale allaient être énormes. Que ce soit contre la France ou l’Irlande, c’était du lourd.”

L’Irlande, n°1 mondial, restait sur une série impressionnante, notamment leur victoire historique lors d’une série de trois tests en Nouvelle-Zélande en 2022. Le choc entre les deux géants du rugby était attendu comme une finale avant l’heure.

Un match au sommet

Les All Blacks ont pris l’avantage tôt dans le match avec deux pénalités, suivies d’un essai de Leicester Fainga’anuku, portant le score à 13-0. L’Irlande est revenue juste avant la mi-temps, réduisant l’écart à un seul point.

En seconde période, les deux équipes se sont rendues coup pour coup, mais une pénalité de Jordie Barrett à la 68e minute a permis à la Nouvelle-Zélande de reprendre un avantage de quatre points. L’Irlande devait absolument marquer un essai.

Ce moment a donné lieu à une séquence de 37 phases irlandaises — une pression constante, brutale, méthodique — jusqu’à ce que Sam Whitelock réussisse un grattage salvateur, offrant une pénalité et la victoire aux All Blacks.

Un plan défensif totalement repensé

Jordan souligne le rôle clé du staff néo-zélandais, notamment Ian Foster, Joe Schmidt et Scott “Stormy” McLeod, qui ont complètement changé le système défensif avant le Mondial.

“Avant, on défendait en montée rapide, et l’Irlande nous punissait avec ses passes courtes et les courses de Johnny Sexton. On est passé à une défense plus connectée, plus contenue, en laissant cinq mètres mais en ne cédant pas.”

Ce changement a été difficile à accepter au départ, car il arrivait juste avant la Coupe du Monde, mais les joueurs y ont adhéré — et cela s’est révélé décisif face au jeu structuré de l’Irlande.

Tout ce qu’on a fait cette année-là, dès le Rugby Championship, comment nous jouions, était pensée en fonction de comment nous voulions jouer contre l’Irlande.

La tension des 37 phases finales

“Franchement, les 25 premières phases, on gérait. Ils étaient autour de la ligne médiane, ça allait. Mais à partir de la 30e phase, ils commençaient à vraiment gagner du terrain. Là, tu te dis : ‘Bon, il faut que quelqu’un fasse quelque chose, là.’”

Puis est venu Sam Whitelock, avec ce grattage crucial, une sorte de signature de carrière pour le deuxième ligne qui venait de battre le record de sélections de Richie McCaw.

“Et ce qui rend le moment encore plus spécial, c’est que ça s’est terminé juste devant nos familles, dans le coin du stade où étaient les supporters néo-zélandais. Un moment inoubliable.”

Un souvenir gravé à jamais

Ce quart de finale 2023 entre l’Irlande et la Nouvelle-Zélande est déjà considéré comme l’un des plus grands matchs de l’histoire de la Coupe du Monde. Pour Will Jordan, il symbolise le travail, l’adaptation stratégique et l’intensité émotionnelle qui font la grandeur de ce sport.