En 2016, à Chicago, la Nouvelle-Zélande avait subi sa première défaite de l’histoire contre l’Irlande. Neuf ans plus tard, sur la même pelouse du Soldier Field, les All Blacks ont lancé leur tournée d’automne par une victoire 26-13, prenant leur revanche. Ils n’ont toutefois réellement dominé qu’un petit quart d’heure, après avoir été menés jusqu’à l’heure de jeu.
Avec quatre essais, dont trois dans les vingt dernières minutes, les n°2 mondiaux ont fini par l’emporter face à l’Irlande d’Andy Farrell, n°3. Ils enchaînent maintenant avec trois matchs en Europe: en Écosse le 8 novembre, à Twickenham contre l’Angleterre le 15, puis au Pays de Galles le 22.
L’Irlande a été rapidement handicapée par un carton rouge de 20 minutes infligé dès la 3e minute à Tadhg Beirne pour un plaquage haut sur Beauden Barrett. Depuis leur premier succès du 5 novembre 2016, après 111 ans sans victoire (et un nul en 1973), les Irlandais tenaient tête aux All Blacks avec cinq victoires en dix rencontres, mais cette fois ils ont craqué.
Portés par un public acquis à leur cause, ils menaient 10-7 à la pause. Malgré leur infériorité numérique, ils ont ouvert le score par Tadhg Furlong (16e) après une longue séquence à une passe consécutive à une pénaltouche. Les Néo-Zélandais ont répondu dans la foulée (19e) par Ardie Savea, servi en bout de ligne après une belle action initiée par Caleb Clarke et relayée par Will Jordan.
Après une deuxième place décevante au Rugby Championship et la plus lourde défaite de leur histoire contre l’Afrique du Sud à Wellington (43-10), les hommes de Scott Robertson devaient se racheter. Pendant une heure, pourtant, leur jeu est resté haché, plein d’approximations, et leur pack bousculé par l’intensité irlandaise. Ils ont en plus perdu sur blessure deux des trois frères Barrett: Scott, capitaine et deuxième ligne, dès la 2e minute, puis Jordie un quart d’heure plus tard. La défense irlandaise est restée féroce, avec notamment un énorme plaquage de Garry Ringrose sur Beauden Barrett (61e).
Sans briller, les All Blacks ont pris l’avantage pour la première fois une minute plus tard grâce au pilier Tamaiti Williams, après une pénaltouche. Cinq minutes après (67e), Wallace Sititi, entré comme flanker à la demi-heure, a inscrit le troisième essai. À la 79e, le demi de mêlée a alourdi le score en s’échappant derrière une mêlée à cinq mètres. Il leur faudra toutefois sans doute monter encore en puissance s’ils veulent réussir le grand chelem en Europe qu’ils poursuivent depuis 2010.
L’œil de RugbyFil
Qu’en a pensé RugbyFil ?
Très déçu de la rencontre.
Outre les couleurs des Chicago Bears (club de NFL) à peine cachées sur la pelouse, et la panne de l’écran géant du stade qui a empêché l’arbitrage vidéo de bien se dérouler, c’est justement l’arbitrage de la rencontre qui a été vraiment catastrophique.
Des décisions inégales qui ont pénalisé la rencontre.
Le carton rouge de Tadgh Beirne pour soi-disant un geste dangereux sur Beauden Barrett par exemple (4ème minute), alors que l’ouvreur néo-zélandais a annoncé qu’il défendrait l’Irlandais en commission de discipline, n’a pas trouvé d’écho sur le plaquage pourtant dangereux de Caleb Clark sur la tête de Tommy O’Brien à la retombée d’une chandelle juste avant la pause.
Ou encore la pénalité contre Iain Henderson où Pierre Brousset a annoncé un plaquage mais laissant les néo-zélandais pousser le plaqué sur 5 mètres comme si c’était un maul…
Côté irlandais, la touche a clairement fait défaut avec 6 munitions perdues tout au long de la rencontre, ainsi que des erreurs défensives coûteuses.
Garry Ringrose a raté deux plaquages qui ont coûté autant d’essai à son équipe, la faute à une montée approximative qui montre que l’Irlande était partagée entre une montée inversée et une montée glissée.
Côté néo-zélandais, il aura fallu attendre une baisse de régime de l’adversaire pour retrouver de la vitesse et de l’efficacité dans le jeu.
Wallace Sititi et Leicester Fainga’anuku se sont illustrés et ont été décisifs à Chicago face aux hommes d’Andy Farrell.
L’Irlande est en fin de cycle et doit renouveler d’urgence ses joueurs, sous peine de ne pas être invitée en 2027 lors de la Coupe du Monde en Australie.
La Nouvelle-Zélande a montré un engagement féroce dans les rucks de tous les instants. Ce qui a empêché les Irlandais de déployer leur jeu. La tournée en Europe des hommes de Scott Robertson débutera face à l’Écosse dès la semaine prochaine, suivi du déplacement à Twickenham face aux Anglais avant de terminer à Cardiff face au Pays de Galles.