La Nouvelle-Zélande a perdu 10-43 à Wellington dans ce qui était sa plus large défaite à domicile, face aux Springboks. Lors de cette quatrième journée du Rugby Championship, les hommes de Scott Robertson ont complètement sombré et se sont fait marcher dessus par des sud-africains beaucoup plus convaincants et tranchants balle en main.
Si les hommes en noir peuvent encore remporter ce Rugby Championship, que penser du niveau de cette équipe, dont il était encore inimaginable il y a à peine dix ans se prendre une telle fessée à la maison ?
Blessures en cascade, problème de profondeur ?
En plus de la tuile au poste de numéro 9 qui entoure la Nouvelle-Zélande actuellement (blessures de Cam Roigard, Cortez Ratima et face aux Boks de Notham), les Néo-Zélandais connaissent également des absents de poids en troisième ligne avec Dalton Papalii, Ethan Blackhadder, Luke Jackobson, ou encore Peter Lakai (sans oublier Codie Taylor et Tyler Lomax en première ligne). Autant de gros porteurs que de gratteurs de haut niveau.
Ce qui amène à se questionner sur la profondeur d’effectif des Blacks comparée à celle de l’équipe de France et de l’Afrique du Sud. Alors que cet été, les Bleus ont envoyé une équipe C en tournée et ont réussi à être malgré tout compétitifs, l’Afrique du Sud, elle, prépare carrément deux équipes pour les matchs à haut niveau comme elle l’a fait dans ce Rugby Championship. Une autre d’expérience remplie de tauliers, une autre de jeunesse et de vivacité.
Les hommes à la fougère, eux, n’ont pas vraiment ce luxe et l’on ressent le manque de leadership et d’expérience chez les avants.
Bousculés en mêlée et très approximatifs en touches face aux springboks ce samedi à Wellington, les hommes de Scott Robertson savent sur quoi travailler mais peuvent aussi se rassurer quant au nombre important de blessures dans leurs rangs.
Un jeu trop compliqué ?
Alors que l’on avait laissé la Nouvelle-Zélande l’an dernier sur une bonne impression et sur le constat qu’elle voulait un jeu de passe rapide et très technique devant la défense, force est de constater que cette année, c’est un peu plus approximatif.
Techniquement, la Nouvelle-Zélande n’est plus aussi forte qu’il y a quelques années, et a du mal à déplacer le ballon à l’aile sous une forte pression défensive. En résulte des passes mal assurées qui font perdre du temps à leur attaque et favorise les défenseurs adverses.
Ce samedi, on a eu du mal à s’imaginer les Néo-zélandais être capables de s’adapter et trouver des solutions face à la défense des Springboks.
Cam Roigard, a aussi manqué par sa capacité à coller au ballon et jouer en bordure de ruck constamment en train de chercher une solution, là où Finlay Christie s’est contenté de rester dans les schémas de jeu et de déployer le ballon vers son numéro dix ou sa cellule d’avant.
Enfin, évoquons la coupe du monde 2027. Est-ce réellement un jeu adapté pour une compétition où la pression et le stress seront prépondérants et pèseront sur la performance des joueurs ?
D’autant que Scott Robertson, savait gagner moche avec les Crusaders lors des phases finales de Super Rugby. Le sélectionneur a un grand intérêt à étudier cette piste pour enrichir son jeu et sa palette stratégique.
Une conquête à retrouver pour rebriller
Si la défaite historique face à l’Afrique du Sud est un choc pour la Nouvelle-Zélande, elle n’est tout de même pas si catastrophique et ressemble plus à un accident qu’autre chose.
Robertson introduit dans son effectif de jeunes joueurs qui ont besoin de prendre du galon au niveau international. La touche a été délicate à partir de la rentrée du jeune Brodie McAllister, ce qui a fortement pénalisé le jeu des hommes en noir. La mêlée, complètement dominée par les doubles champions du monde en titre, a aussi impacté les néo-zeds’.
Autant de chantiers parfaitement ciblés à fixer pour retrouver une domination et un jeu flamboyant des trois-quarts toujours aussi talentueux.