À une décision arbitrale et un poteau près, les Bleus auraient perdu leurs trois premiers matchs du Tournoi des Six Nations 2024.
Après une défaite cuisante face à l’Irlande à Marseille (17-38), un succès presque miraculeux face à l’Écosse (16-20) et un match nul à Lille face à l’Italie (13-13), les Bleus de Fabien Galthié ne sont que l’ombre d’eux-mêmes, eux qui étaient favoris au titre de champions à la Coupe du Monde 2023 à domicile.
Depuis le traumatisme du quart de finale perdu face aux Springboks au Stade de France (28-29), la France est à la recherche d’un second souffle et d’un nouveau départ pour repartir vers le mondial 2027 qui aura lieu en Australie. Car ne nous trompons pas : c’est bel et bien l’objectif ultime de toutes les nations du rugby qui se construisent en théorie pendant quatre ans pour arriver au top à la compétition. Comme ce fut le cas pour l’équipe de France de 2020 à 2023.
Mais avec une composition dans ce Six Nations qui pose question, et la présence de joueurs dont la présence en 2027 n’est pas du tout certaine (Atonio, Lucu, Fickou, Danty etc), difficile d’y voir une vision à long terme. D’autant plus avec des jeunes joueurs qui frappent (fort) à la porte de l’équipe de France.
Alors : à quoi joue Fabien Galthié, en restant positif, et cherchant systématiquement des excuses toutes trouvées ?
Une de ses déclarations d’après-match, au micro d’Hélène Macurdy sur France 2, m’a mis la puce à l’oreille.
À la question : « est-ce le moment de lancer une nouvelle dynamique ? », le sélectionneur des Bleus a répondu :
« C’est trop tôt pour prendre des décisions, je pense qu’il faut faire attention à tout le monde là. Il faut faire corps, faire société ».
Vraiment intéressant de constater que sa première réaction à une question légitime, que de nombreux supporters des Bleus se posent, est de protéger les joueurs, et notamment les cadres dont la place est remise en cause.
Cela renvoie à la réputation de Galthié en matière de gestion humaine d’effectif, que ce soit au Stade Français, à Toulon, mais surtout à Montpellier, où il avait été limogé en 2014 par Mohed Altrad. Sa fin d’aventure montpelliéraine avait révélé un côté sombre du personnage, que les joueurs n’approuvaient plus.
Le risque d’un clash entre les Bleus et le sélectionneur se posait lors de la nomination de Galthié à la tête de l’équipe en 2020. Depuis le départ de Raphaël Ibanez en tant que Manager de l’équipe, le risque est réapparu.
Fabien Galthié semble donc tétanisé de perdre son vestiaire. Quitte à laisser des joueurs cramés par la dernière Coupe du Monde.
Avec des joueurs avec qui il a créé des liens indéniables et forts pendant le mondial 2023, Galthié se retrouve piégé de les sortir du groupe brutalement, et donc d’apparaitre à nouveau comme le sans-cœur que l’on connaissait.
Ce n’est pas tellement du déni que l’on observe, mais bel et bien la crainte de perdre le vestiaire, qui se verrait froissé de ne pas être respecté après tout ce qui a été vécu.
Heureusement, les suspensions, blessures et méformes, peuvent enfin permettre au sélectionneur de trouver une nouvelle équipe pour les deux dernières rencontres du Tournoi des Six Nations.
Que ce soit en numéro 9, au centre, et à l’ouverture, là où les discussions sont les plus virulentes.