L’équipe de France a subi la loi irlandaise à Marseille avec une cinglante défaite 17 à 38. Bien qu’en infériorité une première fois dès la 8ᵉ minute de jeu, puis définitivement à la 30ᵉ, à cause de deux cartons jaunes de Paul Willemse, le XV de France a été dominé durant cette première demi-heure. Et les coéquipiers de Grégory Alldritt ont été pris dans leurs points forts habituels.
Voici en 3 points ce qu’il faut retenir de la victoire irlandaise.
Le carton rouge, forcément
Jouer face à l’Irlande est dur. Mais alors à 14 contre 15 pendant une heure, c’est quasiment impossible de résister aux assauts des Verts.
Juste après l’ouverture du score par Jack Crowley, Willemse prenait son premier carton jaune du match. Un cadeau offert aux hommes d’Andy Farrell pour se sortir de la pression, et de prendre le large au score (10-0 au quart d’heure de jeu).
À 17-3, en pleine domination Irlandaise, là aussi, le Montpellièrain prenait un nouveau carton, synonyme d’exclusion définitive. Les Bleus ont eu le mérite de réagir juste après et de recoller à 7 points à la pause.
Mais l’Irlande était sereine et contenait les assauts français, même renforcés par Posolo Tuilagi à partir de la 50ᵉ minute.
Jeu au pied, (gros) avantage Irlande
C’est sans doute là où la différence s’est faite.
L’équipe de France, depuis 2020 et l’arrivée de Fabien Galthié à sa tête, possède l’un des meilleurs au pied du circuit international. Grâce à Antoine Dupont, Romain Ntamack et Melvyn Jaminet, les Français avaient excellé en 2021/22 lors des Tests de novembre et le Grand Chelem dans le Tournoi des Six Nations. Une capacité à se sortir facilement de son camp, et de mettre la pression sur son adversaire, donnait aux Tricolores des possessions de balle très hautes sur le terrain.
Avec la volonté de marquer vite en peu de temps de jeu, les conditions étaient remplies pour ce faire.
Mais face à l’Irlande vendredi soir, la charnière Lucu-Jalibert, ainsi que Thomas Ramos, se sont fait dominer par Gibbson-Park, Crowley et surtout James Lowe.
Ce dernier, auteur de deux coups de pieds de plus de 50 mètres de longueur, dont un qui a terminé à 50 centimètres de la ligne de ballon mort, a mangé Ramos dans l’occupation du fond de terrain.
D’ailleurs, le ballon suivant le coup de pied chanceux de James Lowe était celui du premier essai Irlandais par Jamison Gibbson-Park.
Au total, les Irlandais ont gagné par le jeu au pied 1090 mètres, contre 704 coté français. Une différence de 300 mètres !
De plus, les Irlandais ont plus joué au pied durant la rencontre. Un coup de pied toutes les 5,5 passes contre un coup de pied toutes les 6 passes.
La bataille des airs a été largement remporté par l’Irlande à Marseille.
Un jeu plus axial
Lors de la dernière Coupe du Monde, l’Irlande avait eu un jeu qui débutait à partir de Jonathan Sexton. Notamment en quart de finale face à la Nouvelle-Zélande.
Ainsi, le jeu au près était délaissé au profit des lancements de jeu autour de la zone de l’ouvreur.
Mais ce vendredi, l’Irlande a varié son jeu, avec plus courses rentrantes autour du demi de mêlée.
Joe McCarthy, le puissant seconde ligne homme du match, s’est beaucoup proposé pour avancer au contact, et permettre à son équipe de resserrer la défense tricolore. Cette dernière se retrouvant aux abois sur les extérieurs (cf., l’essai de Tadhg Beirne).
Pour montrer un ordre d’idée, Park a effectué au total 78 passes, alors qu’Alex Mitchell, demi de mêlée du XV de la Rose, en a effectué 58 face à l’Italie.