Équipe de France. Pourquoi la victoire des Bleus n’est pas une bonne nouvelle ?

L’équipe de France a remporté samedi le Tournoi des Six Nations 2025 en s’imposant face à l’Écosse (35-16) au Stade de France.

Après la défaite d’un point à Twickenham face à l’Angleterre (26-25), les Bleus ont su réagir et se remettre en mode commando pour soulever le deuxième trophée de l’ère Fabien Galthié à la tête des Bleus.

Et ce qui a marqué cette campagne 2025, a été le passage stratégique à un banc en 7-1 (sept avants pour un arrière).

Alors que cette tactique, originellement adoptée par l’Afrique du Sud en 2023 lors de la Coupe du Monde, avait été largement moquée par le public français qui y voyait là le signe que les Springboks étaient de simples bourrins sans cervelle, ces mêmes supporters se sont appropriés cette stratégie en ne trouvant rien à y redire.

Vu que l’expérience a été bénéfique et donné un Tournoi à l’équipe de France, elle risque de perdurer jusqu’à la Coupe du monde 2027. Et c’est une erreur.

La défaite en Angleterre a été une catastrophe pire que prévue

Face au XV de la Rose, la bande à Antoine Dupont a enchaîné les scories et manqué de marquer au moins quatre voir cinq essais en première mi-temps sur des actions toutes faites.

La défaite d’un point apparaissait alors en trompe l’œil car l’équipe de France avait largement les moyens de remettre une fessée à l’équipe d’Angleterre.

Mais comme le sélectionneur est Fabien Galthié, il fallait forcément que ce dernier pète un câble et décide de changer de fusil d’épaule pour un malheureux point.

Le sélectionneur est coutumier du fait avec notamment Montpellier en 2014 lorsque le MHR a perdu en demi-finale de Top 14 à Lille face à Castres après prolongation. Cet épisode a marqué durablement Galthié.

Et ce dernier a décidé sur ce Tournoi de passer à un rugby de démolition, caché par les fulgurances de Dupont, Penaud et Bielle-Biarrey qui décorent le jeu.

La catastrophe ici est que les Bleus ont perdu le match du Tournoi où ils ont produit le plus de jeu et ont été le plus entreprenants. Entraînant comme conséquence un changement de braquet et une volonté assumée de destroncher son adversaire.

Quid si nous avions gagné en Angleterre ? Serions-nous passés à un 7-1 et surtout était-ce vraiment si utile que cela face à des adversaires plus faibles que les années précédentes ?

Va-t-on gagner la Coupe du Monde 2027 comme cela ?

Si l’équipe de France, réputée pour son French Flair, se met à imiter les Springboks, pourquoi d’autres équipes ne se mettraient pas à nous suivre ?

Pourquoi les Irlandais, les Anglais, Néo-Zélandais etc, ne décideraient-ils pas eux aussi de procéder avec un banc en 7-1 pour rivaliser physiquement avec nous ?

Si c’était le cas, le problème ne serait que déplacé et les mêmes questions se poseraient pour l’équipe de France : qu’est-ce qu’on fait quand on a le ballon ?

On avait un élément de réponse en novembre avec une circulation offensive plutôt innovente et originale qui consistait à jouer très resserré en bloc dans un premier temps avant d’exploser sur les extérieurs au dernier moment pour obliger l’adversaire à ne pas être en place sur la largeur.

Cette circulation offensive a été oubliée dès le match face à l’Italie où nos avants réalisaient un travail de sape pour fatiguer leurs adversaires.

Pas sûr que cela suffise lors de la prochaine Coupe du Monde, que ce soit face aux All Blacks qui seront bien préparés par Scott Robertson, les Sud-Africains bien vitaminés, l’Argentine bien solide devant et explosive derrière, ou encore l’Irlande et l’Angleterre.

Quatre victoires d’affilées sans grande ambition de jeu, ce sera juste.

Même si les records du nombre d’essais sur ce Tournoi des Six Nations sont tombés, la prestation de l’équipe de France face à la Nouvelle-Zélande cet été nous donnera beaucoup plus d’enseignements que cet hiver.

Les Bleus ont gagné le Six Nations face à des adversaires plus faibles que d’habitude. Et le passage en 7-1 qui donne raison au sélectionneur est un faux enseignement pour la suite.