L’équipe de France a perdu tout espoir de Grand Chelem en s’inclinant en Angleterre 26-25 à Twickenham ce samedi pour la deuxième journée du Tournoi des Six Nations 2025.
Une défaite incompréhensible tant les Bleus ont dominé de la tête et des épaules les Anglais en première mi-temps.
Ne revenons pas sur les causes et les explications de cette défaite, que nous avons largement évoqué ces derniers jours. Mais concentrons-nous donc sur les conséquences.
À court termes, la France peut toujours gagner le Tournoi des Six Nations, mais un goût de gâchis resterait dans les bouches pour une équipe aussi talentueuse qui fait saliver ses supporters.
Avec une génération dorée, composée des meilleurs joueurs du monde à leurs postes, difficile de se contenter d’un seul Grand Chelem depuis 5 ans et la prise de sélection de Fabien Galthié.
À moyen termes, cela donne beaucoup d’enseignements pour la préparation à la Coupe du Monde…
Loin du Stade de France, loin des standards habituels
Fabien Galthié et son staff, ont attendu que le Tournoi des Six Nations 2024 et la tournée d’été en Argentine se passent pour évacuer (un peu) la frustration de la Coupe du Monde 2023. Depuis la rentrée de novembre 2024 pour la saison, les Bleus ont un nouveau Leitmotiv : Australie 2027.
Un objectif et un horizon clairement annoncé. La France se prépare désormais à la Coupe du Monde en Australie. Le jeu des Français tend à évoluer progressivement de la dépossession à un jeu de mouvement et de possession (un peu à l’image de l’UBB et du Stade Toulousain).
Et surtout, les conditions de préparation changent : la Coupe du Monde ne sera pas à domicile. Les joueurs doivent donc apprendre (et peut-être réapprendre) à jouer loin de leur public et du Stade de France, devenu un véritable chaudron intimidant les adversaires.
Or, ce match à Twickenham était la première rencontre loin du Stade de France depuis que le discours de Galthié porte sur la préparation à la coupe du monde 2027. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a été une catastrophe.
Une catastrophe dont les Français auront d’ici trois ans peu d’occasion de se rattraper. Le nombre de déplacements chez un adversaire coriace de la France avec ses joueurs Premiums (les cadres de l’équipe), se comptent sur les doigts d’une main :
- Irlande 2025 et 2027
- Angleterre 2027
- Écosse 2026
Quatre rencontres face à des concurrents directs d’ici 2027 à l’extérieur. Quatre petites occasions de se frotter à ce qui se fait de mieux à l’étranger.
Et pourtant, une tournée d’été en Nouvelle-Zélande se profile. Mais calendrier oblige, des joueurs Premiums risquent de ne pas y participer pour cause de Top 14. Trois occasions gâchées de construire un groupe et de le mettre dans une condition proche de celle d’une Coupe du Monde.
Jouer trois rencontres chez les All Blacks, y a t’il mieux pour créer un groupe et tirer des enseignements pour la suite ? Peut-être en Afrique du Sud.
Se passer d’une tournée face à un futur concurrent direct pour le titre mondial, alors que de grosses lacunes et carences sont encore à déplorer chez les Bleus, c’est une erreur et un manque à gagner manifeste.
Le rugby international est largement différent du rugby de club. Obliger les joueurs cadres du groupe France à partir en tournée cet été, tels que Thomas Ramos, Antoine Dupont, Damian Penaud, Romain Ntamack et consorts, (dont on a vu le manque d’humilité et de sérieux depuis le début du Six Nations), serait bénéfique pour les préparer à jouer des matchs de phases finales de Coupe du Monde, où il faut être tueur et froid pour se qualifier.
Voilà ce que la défaite à Twickenham nous a donc apporté : le constat que les Bleus manquent de matchs à l’extérieur, et qu’une opportunité cet été chez les All Blacks, aurait été largement appréciée pour remédier aux carences françaises que l’on a observé ce week-end à Londres.
L’exemple de 2009
Outre l’incident diplomatique entre la France et la Nouvelle-Zélande en 2009, causée par une table basse, la tournée des Bleus chez les All Blacks cette année-là a vu le premier capitanat de Thierry Dusautoir (pour le succès qu’on connaît), et donc la création d’un groupe qui est allée chercher deux ans plus tard une finale de Coupe du Monde perdue d’un point face à la Nouvelle-Zélande.
Cet exemple suffit pour penser qu’il faut aller affronter les All Blacks cet été pour sortir de notre zone de confort.