Patrick Arlettaz, l’un des adjoints de Fabien Galthié, mardi à Marcoussis. L’entraîneur de l’attaque des Bleus est revenu sur la défaite face aux Springboks (17-32), a parlé du cas Fickou et s’est projeté sur le match de samedi contre les Fidji.
À froid, comment analysez-vous la défaite face aux Sud-Africains ?
Patrick Arlettaz : On aurait préféré les affronter plus tard dans la tournée, mais on avait très envie de les jouer et de les battre samedi soir. Forcément, on est tous un peu déçus. Le moral est touché et il y a de la frustration, le sentiment qu’on aurait dû ou pu faire mieux. Sans refaire le match, on manque d’alternance sur nos lancements en première période, puis de réalisme pendant les vingt premières minutes de la seconde. On laisse filer pas mal d’occasions. Ça aurait pu les faire douter un peu, même si on sait que c’est une équipe très solide, rôdée au très haut niveau, qui doute rarement. C’est un regret. La tâche était difficile, mais on aurait sans doute pu mieux faire.
Avez-vous été surpris par l’ampleur des critiques après ce premier match ?
PA : Pas du tout. Les critiques ne me posent pas de problème, elles font avancer. L’essentiel, c’est de savoir où on en est, où on va, et ce qu’il faut retenir de ce match. Si c’est pour dire que tout est à jeter, je ne suis pas d’accord. Si c’est pour reconnaître qu’on s’est fait battre chez nous et qu’on pouvait faire mieux, aucun souci. Il y a eu des choses bien et d’autres moins. C’est mieux de gagner ces matchs, mais déjà c’est une chance de les jouer. Les Springboks sont venus au complet, on a pu se jauger. Ça nous permet maintenant de nous poser les bonnes questions : qu’est-ce qui nous a manqué ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Même si on n’a pas le temps de tout changer de cap.
Comment avez-vous trouvé vos joueurs dans le secteur aérien samedi dernier ?
PA: Je nous trouve en progrès dans le jeu aérien (sourire), même si on peut ne pas être d’accord. C’est une arme que beaucoup de nations utilisent, moins nous. Il faut que ça fasse partie de notre arsenal, surtout quand notre jeu est contrarié. Les Sud-Africains ont un coup d’avance. Mais on avance… L’Afrique du Sud joue le plus haut possible et vous étouffe dans votre camp. C’est leur marque de fabrique, avec des outils très efficaces. On a beaucoup travaillé pour les repousser et on y est plutôt parvenus pendant une heure. Ensuite, on fait trop de fautes et la machine sud-africaine devient inarrêtable.
Est-ce que, samedi face aux Fidji, vous mettrez davantage l’accent sur la possession ?
PA: On me pose la question à chaque fois (rires). Sur le terrain, il faudra mettre de l’ordre, parce qu’ils excellent dans le désordre grâce à leurs individualités. Rien de nouveau. Il faudra donc jouer en équipe, avec de la structure. On a un match et une semaine de plus pour travailler. Notre collectif devra être meilleur que le leur. À Bordeaux, ce seront deux visions du rugby qui s’affronteront. Et en face, il y a des joueurs parmi les meilleurs de notre championnat. Leur ligne de trois-quarts est solide…
Avez-vous été déçu par la dernière performance de Gaël Fickou, qui ne sera vraisemblablement pas dans le groupe face aux Fidji ?
PA: Pas du tout. On a beaucoup de joueurs talentueux à ce poste, Gaël en fait partie. Il a du talent, il est en forme, il a de l’expérience. S’il ne joue pas contre les Fidji, ce n’est absolument pas parce qu’il a été en dessous face aux Springboks. On a besoin de rotation, de voir de nouveaux joueurs, des profils et des associations différents.
Cette tournée est-elle l’occasion d’une nouvelle revue d’effectif ?
PA: Non. Mais il faut faire monter les joueurs en expérience et en compétences pour parer d’éventuelles absences, et tester des profils selon les adversaires. C’est aussi ça, une sélection : trouver le bon équilibre.
Quand désignerez-vous le capitaine pour le match face aux Fidji ?
Très rapidement.
PA: Le classement World Rugby en vue du tirage au sort de la prochaine Coupe du monde, le 3 décembre, vous inquiète-t-il ?
C’est très français de parler d’un problème avant qu’il n’arrive ! On sait pour le ranking, mais ce qui nous préoccupe surtout, ce sont les Fidjiens puis les Australiens qui arrivent. La règle est simple : il faut gagner pour être bien classés et avoir un tirage plus favorable. On se concentre donc sur les victoires, pas sur le classement.
Propos recueillis en conférence de presse.