Équipe de France. L’Irlande est-elle en fin de cycle ?

Les Bleus de Fabien Galthié affrontent l’équipe d’Irlande d’Andy Farrell lors de la quatrième journée du Tournoi des Six Nations 2025 ce samedi. Une rencontre aux allures de finale qui définira le futur vainqueur de cette édition.

Les Irlandais, vainqueurs des Bleus en 2024 et 2023, attendent une équipe de France revancharde.

Avec l’objectif de réaliser un triplé historique dans le Six Nations, l’Irlande marquerait l’histoire et laisserait son empreinte avec une ère irlandaise comparable à celle de l’Angleterre entre 2000 et 2003 (trois Tournois gagnés par les Anglais plus un titre de champion du monde).

Seulement voilà.

Comme un symbole, des joueurs tels que Cian Healy, Conor Murray ou encore Peter O’Mahony, disputent actuellement leur tout dernier Tournoi des Six Nations de leurs carrières.

La fin définitive d’une époque du rugby irlandais.

Et cela symbolise peut-être la fin d’une hégémonie irlandaise dans le Six Nations.

Tout cela pendant qu’Andy Farrell prépare la tournée des Lions Britanniques et Irlandais en Australie cet été.

Un nouvel élan d’ici le mondial 2027 ?

Petit rappel chronologique de l’équipe d’Irlande sous Farrell.

Le père d’Owen Farrell a pris les rênes de l’équipe d’Irlande début 2020.

Après deux saisons mitigées, les Verts ont changé de dimension fin 2021 en s’imposant face aux All Blacks à domicile, puis en terminant deuxième du Six Nations quelques semaines plus tard. Avant d’aller gagner leur tournée en Nouvelle-Zélande par deux victoires à une défaite face aux All Blacks durant l’été.

Une saison magique qui a vu l’Irlande changer de style de jeu.

Utilisation excessive du jeu en pivot, préparation physique améliorée, nouvelle mentalité dans le combat. Les Irlandais sont (re)devenus une des meilleures équipes du monde.

Cette année 2025 marque peut-être la fin de ce cycle enclenché il y a quatre ans.

Jonathan Sexton a été remplacé, et son remplaçant Sam Prendergast n’a pas encore réalisé de prestation référence. Les Irlandais semblent avoir moins de marge de manœuvre face à leurs adversaires.

Le jeu est moins fluide qu’avant, entaché de plus d’erreurs de mains, le tout avec une mêlée plus friable.

Bref, des signes s’enchaînent côté irlandais.

Et surtout, les coéquipiers de Caelan Doris se sont inclinés cet automne à domicile face aux All Blacks (13-23).

Tout un symbole.

Autant de signes montrant que l’Irlande n’est plus aussi dominante qu’avant.

Avec l’intérim de Simon Easterby à la tête de l’équipe d’Irlande pour ce Tournoi, le XV du Trèfle ne risque pas de se permettre de faire évoluer son jeu en attendant le retour de Farrell des Lions.

Les Verts restent dans ce qu’ils savent faire, et s’ils doivent rechanger de système de jeu, ça ne peut qu’être fin 2025 lorsqu’Andy Farrell reprendra les manettes de l’équipe pour préparer la Coupe du Monde 2027 en Australie.

Les Bleus peuvent gagner en Irlande

Alors, les Irlandais ont-ils atteint un plafond de verre ? Probablement.

L’équipe de France peut-elle en profiter ?

Probablement aussi.

Face à une équipe d’Irlande devenue lisible et dont la stratégie est désormais largement appréhendée par ses adversaires, les hommes de Fabien Galthié pourront compter sur leur apport physique pour déstabiliser cette équipe du Trèfle.

En espérant un retour d’Emmanuel Meafou ce samedi à Dublin, et peut-être avec l’utilisation d’un banc à sept avants, le XV de France peut non seulement rivaliser physiquement avec l’Irlande, mais même dominer et enrayer la machine irlandaise.

Une stratégie qui pourrait fonctionner… à moins que les Irlandais aient prévu suffisamment de combines en attaque pour contrer les Bleus à Dublin.