À partir de 2026, le rugby international va vivre un grand changement : les tournées estivales et les tests amicaux vont disparaître, remplacés par une nouvelle compétition officielle, la Ligue des Nations. L’objectif est de « donner plus de sens aux fenêtres internationales de juillet et novembre », tout en rééquilibrant les finances des fédérations en difficulté, comme celle du pays de Galles. Cette ligue vise aussi à « offrir des matchs plus compétitifs et attractifs pour les joueurs et les supporters » dixit World Rugby.
« Ce format permettra de proposer des rencontres captivantes et de créer plus de valeur pour tous les acteurs du rugby », expliquait Alan Gilpin, directeur général de World Rugby, lors de son annonce en 2023.
Deux divisions, montée/descente en 2030
La première édition rassemblera 24 équipes nationales, réparties en deux divisions.
La première division inclura : les six équipes du Tournoi des Six Nations (France, Angleterre, Irlande, Écosse, Italie, pays de Galles), les quatre du Rugby Championship (Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Australie, Argentine), et deux nations invitées : le Japon et les Fidji. Elles seront divisées en deux poules de six. La deuxième division comprendra les nations du “Tier 2” : Géorgie, Portugal, Samoa, Tonga, Uruguay, Roumanie, Espagne, etc.
Un système de montée et descente entre les divisions sera introduit en 2030, mais jusque-là, les équipes de la deuxième division resteront cantonnées entre elles.
Un format en deux phases
La Ligue des Nations se jouera tous les deux ans, en années paires, pour ne pas empiéter sur la Coupe du monde ou les tournées des Lions britanniques.
Chaque édition se déroulera en deux temps :
En juillet : les équipes européennes partiront en tournée dans l’hémisphère sud. En novembre : elles accueilleront leurs adversaires à domicile. Chaque équipe jouera trois matchs par phase, soit six au total. Les deux meilleures équipes s’affronteront en finale à Londres fin novembre.
En ce qui concerne l’équipe de France, celle-ci débutera sa phase de juillet en Nouvelle-Zélande, avant de se déplacer en Australie puis d’affronter le Japon. Bonjour le bilan carbone et la fatigue des joueurs en temps d’avion.
Des critiques sur l’accessibilité et l’impact écologique
Malgré ses ambitions, cette réforme fait débat.
Certains estiment qu’elle va creuser l’écart entre grandes et petites nations, surtout avec une promotion-relégation repoussée à 2030.
« Nos chances de jouer contre la France ou la Nouvelle-Zélande deviennent nulles », déplore Sebastián Piñeyrua, président de la fédération sud-américaine.
Les voyages longs et fréquents entre continents posent aussi des problèmes écologiques et logistiques.
Pour pallier ce risque d’isolement, des “tournées développement” pourraient voir le jour lors des années impaires, quand les Lions seront en action. La France pourrait y participer dès 2033, en affrontant des équipes du Tier 2 pour donner du temps de jeu à ses jeunes joueurs.
Quelle gestion pour les joueurs du XV de France ?
Autre enjeu majeur : la gestion de l’effectif tricolore.
Jusqu’ici, les joueurs stars étaient souvent laissés au repos pendant les tournées d’été. Avec la création de cette Ligue officielle, cela pourrait changer.
« Un international pourrait disputer jusqu’à quatre compétitions par an », prévient Florian Grill, président de la FFR.
Des discussions sont en cours avec la LNR et les syndicats pour préserver la santé des joueurs, tout en engageant l’équipe de France à fond dans cette nouvelle compétition.
Un changement de fond pour le rugby mondial
La Ligue des Nations marque donc un tournant historique.
Pour les grandes nations, c’est une chance de jouer des matchs de haut niveau plus régulièrement.
Pour les autres, la patience sera de mise. Reste à voir si la promesse d’un rugby plus ouvert et équitable sera réellement tenue.