Équipe de France. Le French Order face au Flying Flair à Bordeaux ?

À quelques heures du choc entre la France et les Fidji, Patrick Arlettaz sait exactement à quel type d’adversaire les Bleus devront se frotter. L’entraîneur de l’attaque du XV de France, ancien technicien de Perpignan et fin connaisseur du rugby du Pacifique, n’a aucune intention de sous-estimer les Flying Fijians. Et l’historique entre les deux nations donne raison à sa prudence : si la France mène largement (10 victoires en 11 confrontations), la défaite du Stade de France en 2018 (21–14), unique succès fidjien, reste dans toutes les mémoires.

Parmi les joueurs retenus pour la rencontre du 15 novembre à Bordeaux, seul Julien Marchand était déjà présent en 2018, entré pour sa première sélection. Côté fidjien, Josua Tuisova, Eroni Mawi et Viliame Mata seront à nouveau de la partie. Et avec pas moins de six joueurs habitués au Top 14 ou à la Pro D2, les Fidji présentent aujourd’hui un visage bien plus menaçant.

« Vous connaissez aussi bien que moi les joueurs fidjiens… », glisse Arlettaz avec un sourire. Il n’a rien oublié de leur prestation face à l’Angleterre la semaine passée, où ils ont tenu tête aux Anglais pendant près d’une heure.

« Ils sont très forts dans le chaos »

Pour Arlettaz, la clé sera simple : unité et structure.

« Ce qui est sûr, c’est que l’équipe de France devra jouer en équipe, avec beaucoup d’organisation. Il faudra mettre de l’ordre, parce qu’ils sont tellement bons dans le désordre, tellement dangereux lorsqu’ils trouvent des zones d’isolement, lorsqu’ils s’appuient sur l’exploit individuel. Notre collectif doit être meilleur. »

Deux visions du rugby vont s’opposer. L’une très organisée, typiquement française sous Galthié ; l’autre instinctive, explosive, parfois déroutante. « Quand on regarde leur ligne de trois-quarts, c’est impressionnant… »

Alldritt de retour : la rotation comme outil stratégique

Dans ce contexte, la France a décidé de frapper fort en rappelant plusieurs cadres, dont Grégory Alldritt. Absent du groupe contre l’Afrique du Sud, le capitaine retrouve sa place face aux Fidji.

« Comment a-t-il pris son absence ? Mal. Ils le prennent toujours mal. Ils veulent jouer chaque match, ils veulent être avec nous. »

Arlettaz insiste : aucun joueur, aussi prestigieux soit-il, n’est assuré d’une place.

« Il a été capitaine, il a enchaîné presque six ans comme titulaire… mais c’est intéressant de voir comment ces joueurs réagissent. Cela était arrivé à Charles Ollivon avant lui. Leur déception montre que le maillot compte énormément. C’est rassurant. »

Cette gestion n’est pas anecdotique : elle s’inscrit dans la stratégie voulue par Fabien Galthié, qui vise trois joueurs par poste pour renforcer la profondeur du groupe.

« La rotation nous rend plus imprévisibles »

Pour le staff, faire tourner n’est pas un risque, mais une arme.

« La rotation ne fait jamais de mal, en rugby en tout cas, sourit Arlettaz. Elle nous rend plus imprévisibles. Varier les choses que nous faisons le plus souvent nous rend plus performants. On n’a pas besoin d’inventer quelque chose de nouveau : surprendre en variant ce que l’on fait déjà très bien, c’est tout aussi efficace. »

Face à une équipe capable de transformer chaque ballon en contre-attaque éclair, les Bleus savent qu’ils n’ont pas de marge. Reste à savoir si leur discipline collective suffira à contrer la magie fidjienne.

Et paradoxalement, les Bleus avaient intérêt à emballer la rencontre face aux Sud-africains la semaine dernière au Stade de France…