Fabien Galthié affiche le meilleur taux de victoires de l’histoire des sélectionneurs français, avec 77 %. C’est lui qui a mis fin à une disette de 12 ans en remportant le Tournoi des Six Nations en 2022, offrant à la France son 10ᵉ Grand Chelem. Pourtant, malgré ces succès, il continue d’être critiqué, et ces dernières semaines, les doutes autour de son management ont refait surface.
L’entraîneur des Bleus a notamment été pointé du doigt après la défaite contre l’Angleterre à Twickenham le mois dernier. Certains médias français ont qualifié ce match de “perdu alors qu’il était impossible à perdre”, en référence aux nombreuses occasions ratées en première mi-temps. Un autre titre cinglant affirmait que “la France reste championne des points attendus”, une critique visant son inefficacité offensive.
Des critiques persistantes depuis la Coupe du Monde 2023
Les interrogations autour de Galthié ne datent pas d’hier. L’élimination en quart de finale du Mondial 2023 face à l’Afrique du Sud, malgré une prestation de haut niveau, a été perçue comme un échec retentissant. Ce tournoi avait mobilisé des ressources inédites pour l’équipe de France, avec un soutien total des clubs du Top 14, et la déception a été à la hauteur des attentes.
Ce sentiment d’échec semble avoir pesé sur le début du Tournoi 2024. Battus par l’Irlande d’entrée, les Bleus ont ensuite peiné face à l’Écosse et ont arraché un nul in extremis contre l’Italie, au point que la Fédération française de rugby a dû publiquement réaffirmer son soutien à Galthié. « Fabien n’est absolument pas sous pression », avait insisté le président Florian Grill après cette contre-performance.
Malgré ces turbulences, la France a terminé le Tournoi 2023 à la deuxième place après des victoires contre le Pays de Galles et l’Angleterre. Depuis, l’équipe a semblé retrouver une certaine stabilité. Une tournée estivale en Argentine et en Uruguay a permis d’intégrer de nouveaux joueurs, et les Bleus ont ensuite enchaîné trois succès en novembre contre le Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Argentine.
Un tournoi 2024 en dents de scie
Le Tournoi 2024 avait bien commencé avec une victoire sans appel contre le Pays de Galles, mais la défaite à Twickenham a ravivé les doutes. Les conditions météorologiques difficiles n’ont pas aidé, mais Galthié a estimé que c’était avant tout l’impatience de son équipe qui lui avait coûté la victoire : « Peut-être que nous n’avions pas besoin de marquer immédiatement, mais plutôt d’attendre un ruck de plus. »
Les Bleus ont répondu avec éclat lors du match suivant contre l’Italie à Rome, infligeant une lourde défaite aux Azzurri (73-24). Ce score, tout proche du record du Tournoi des Six Nations, montre que la France a su rebondir après la désillusion anglaise.
Un tournant pour le mandat de Galthié
Le déplacement à Dublin ce samedi pourrait bien être un moment clé du mandat de Galthié. Son contrat court jusqu’à la Coupe du Monde 2027, mais ce match revêt une importance particulière. La France a perdu ses deux dernières confrontations face à l’Irlande : un duel serré à Dublin en 2023, puis une déroute à Marseille l’an dernier, où un carton rouge en première mi-temps avait plombé les Bleus. Cette fois, ils veulent prendre leur revanche.
Au-delà de l’enjeu psychologique, ce match pourrait déterminer l’issue du Tournoi. L’Angleterre reste en embuscade, mais le vainqueur de ce duel a de grandes chances de soulever le trophée une semaine plus tard.
Si Galthié peut déjà se targuer d’un Grand Chelem en 2022, ses Bleus ont terminé deuxièmes à chaque autre édition des Six Nations sous sa direction. Contrairement à l’Irlande, qui a signé des victoires historiques en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud, la France n’a pas connu de succès retentissant à l’étranger sous son ère.
Certes, Galthié a accompli ce que ses prédécesseurs – Jacques Brunel, Guy Novès et Philippe Saint-André – n’ont pas réussi en ramenant un trophée, mais il reste attendu sur la scène internationale. Une victoire en Irlande pourrait marquer le début d’une période de domination jusqu’en 2027. En revanche, une nouvelle défaite relancerait les critiques et poserait de sérieuses questions sur l’avenir de son projet.