Équipe de France. Et si on respectait l’Uruguay ?

Les supporters français sont déçus de la prestation des Bleus ce jeudi soir à Lille face à l’Uruguay. Une victoire 27-12 sans bonus offensif qui laisse un goût amer. Mais faut-il pour autant s’inquiéter et être déçu de la performance de la France ? Réponse : non.

D’abord, en écoutant les réactions des joueurs français à l’issue de la rencontre, tous étaient unanimes : les Uruguayens ont fait un gros match, étaient très bien en place, et ont mis beaucoup d’intensité dans les phases de combat. Un tel constat est à prendre de manière positive. Nous avons affronté un bel adversaire qui nous permet de rester dans un niveau d’exigence élevé pour la durée de la phase de poule de la Coupe du Monde.

Il faut dire que cette équipe d’Uruguay progresse depuis 10 ans.

Qualifiée en ayant maitrisé les Américains en 2021 en qualification à la Coupe du Monde, les coéquipiers de Santiago Arata possèdent tous les attributs que requiert le niveau international.

Avec une très forte ossature de l’équipe de Penarol, équipe de Montevideo engagée en Super Liga Americana, l’Uruguay peut travailler toute la saison ensemble et mettre son jeu en place. Avec l’apport de joueurs évoluant en Europe tels que Santiago Arata, Nicolas Freitas ou Leindeker, le jeu des Teros est parfaitement structuré et en place. On l’a vu face aux Français. Il n’y a pas eu d’hésitation dans les lancements de jeu, et la Céleste avait quelques idées en attaque pour déborder notre défense.

De plus, à l’instar des Argentins, les Uruguayens possèdent des qualités athlétiques naturelles très avantageuses. Vifs, explosifs et rapides, ils sont adaptés au rugby moderne qui aime ce genre de qualités. Santiago Arata est l’exemple même de cette réussite au haut niveau.

Alors, si dans l’imaginaire collectif français, l’Uruguay est effectivement une petite équipe, il va falloir s’habituer et accepter qu’elle continuera de progresser à l’instar du rugby sud-américain. Et il n’y a rien de choquant d’avoir vu l’Uruguay sortir un gros match et nous accrocher longtemps au score.

L’équipe de France a peut-être été surprise d’ailleurs par le niveau affiché en face. Car cette équipe, sensiblement la même que celle qui a affronté les Fidji à Nantes en match de préparation, n’a effectivement pas affiché la même maîtrise et sérénité.

Cela compensera l’essai casquette marqué par Peato Mauvaka suite au « contre son camp » de Felipe Etcheverry (son coup de pied contré par un partenaire à 13-12), et l’essai refusé d’un rien à l’ouvreur des Teros juste avant la mi-temps (la faute à un bloc sur Hastoy).