Coupe du Monde. « Quoi qu’il en coûte » chez les Bleus pour être champion du Monde ?

Avec la blessure de Romain Ntamack samedi face à l’Écosse et son forfait pour la Coupe du Monde de rugby, la peur que les blessures s’accumulent est présente chez les supporters du XV de France. Mais sur la route du trophée William Webb Ellis, nombreux seront ceux qui quitteront l’aventure en cours de route.

Souvenez-vous des propos de Galthié lors de sa prise de fonction : « nous sommes en mission ». Comprenez : « il faut être champion du monde ». Un programme alléchant sur le papier. Un discours auquel nous n’étions plus habitués depuis des années. Mais cela passe par des sacrifices. Et ça aussi, nous n’y étions plus habitués.

Deux ou quatre matchs de préparation. Oui il y a plus de risques de blessure avec quatre matchs. Mais il y a également plus de possibilités de penser et préparer des plans de secours. Comme ce sera le cas face aux Fidji à Nantes puis l’Australie au Stade de France.

Nous avons oublié que les équipes telles que l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre, le Pays de Galles, ont toujours fonctionné dans cette optique qu’une Coupe du Monde devait se gagner sans penser au lendemain.

« There is no tomorrow ». Célèbre phrase d’Andy Farrell adressé aux Lions Britanniques et Irlandais en 2013 avant le premier Test face à l’Australie, elle résume à elle seule la condition sine qua non à ce niveau de compétition. Oui, il faut pousser les corps au-delà de leurs limites. Oui, il faut mettre son corps à la limite (« put your body on the line » comme aiment le répéter les Lions tous les quatre ans).

C’est le prix à payer pour connaitre la gloire éternelle. Ce serait trop facile sinon. L’Afrique du Sud n’est pas en reste en partant en France sans Pollard, Am et de Jagger. Les All Blacks avaient du faire sans Damian McKenzie en 2019, et feront sans Sevu Reece cette année. Le Pays de Galles a eu sa ligne de trois-quarts complètement décimée en 2015, et aurait pu terminer en demi-finale.

En clair, c’est un « quoi qu’il en coûte » où l’individualité passe après le collectif (dit comme ça ça fait très communisme). Romain Ntamack a manqué de chance en percutant son genoux contre celui de Finn Russell. Et si on peut regretter une telle absence, on reste soulagé de savoir que d’autres joueurs sont en attente, et qu’ils sont préparés.

Et ce grâce à l’apport du directeur de la performance Thibault Giroud, a permis à des Antoine Hastoy et Matthieu Jalibert d’être capable de reprendre le flambeau à tout moment. Alors certes, sans doute que les organismes français n’ont jamais été aussi sollicités historiquement et que les risques de blessures n’ont jamais été aussi fortes. Mais jamais une équipe de France n’a été aussi forte.

Alors la fuite en avant a débuté jusqu’à fin octobre. A ce moment-là, les comptes seront faits dans chacune des nations présentes à la Coupe du Monde. Mais tant que la compétition n’a pas débuté, il n’y a pas de lendemain de finale de Coupe du Monde.