Faire le tirage au sort fin 2020 a eu un avantage. La Poule C de la Coupe du Monde sera un gros bordel. Rendez-vous compte : les septièmes, neuvièmes, dixièmes et onzièmes nations mondiales sont placées dans le même groupe ! Ce qui veut dire que chaque rencontre sera décisive pour la qualification en quart de final.
Même si pour nous, petits Français râleurs que nous sommes, l’équipe de France n’est pas du tout avantagée, ne boudons pas notre plaisir d’apprécier une poule aussi chaotique ou tout pourra se passer. Y compris l’élimination de l’Australie et du Pays de Galles. Vous imaginez ? Les doubles champions du monde rentrer à la maison dès les phases de poule ? Le demi-finaliste de la dernière édition s’écrouler comme en 2007 ? Ce serait un gros vent de fraicheur.
Bon, il faudra après assumer voir la Géorgie en quart de finale. Si certains poussent pour que Les Lelos intègrent le Six Nations, on en reparlera lorsqu’au bout d’une édition, on aura vu d’eux uniquement des ballons portés et du bourrinage en règle. La Géorgie a changé, vous me dites (Sarko disait pareil pour son retour en politique) ? Oui et non.
Oui, les Lelos tentent plus, ont des trois-quarts très bon tels que Davit Niniashvili.
Non. Quand vous regardez leurs deux victoires historiques face à l’Italie et le Pays de Galles, ce n’était pas très glamour (oui j’ai regardé Géorgie – Italie en géorgien et c’était passionnant).
L’équipe de Géorgie tente plus, mais ne réussit pas dans son entreprise, et donc en revient aux fondamentaux. Et face aux Fidji, aussi costauds (voir plus), comme en 2019, ça ne passera pas.
Face aux Wallabies, remontés comme des pendules par Eddie Jones, ce sera compliqué aussi. Face au Portugal, sur le papier, ça passera, mais les hommes de Patrice Lagisquet ont accroché leurs rivaux en Rugby Europe Championship par le passé récemment (un match nul à Tbilissi en 2022). Face au Pays de Galles, ça peut (re) passer.
La chance des coéquipiers de Gela Aprasidze est le calendrier. Le dernier match de la poule sera Pays de Galles – Géorgie. Autant vous dire que si les Gallois sont éliminés avant même la rencontre, tout peut arriver. Et en cas de quatrième place au classement des Diables Rouges, il leur faudra un passage obligatoire par la phase de qualification pour la Coupe du Monde 2027. Ce qui emmerderait les institutions en place.
L’autre « surprise » (qui n’en serait pas une) serait la qualification (attendue du coup) des Fidji. Tombeurs à Twickenham fin aout de l’Angleterre (22-30), sensiblement du même niveau que le Pays de Galles, tout porte à croire que les hommes de Simon Raiwalui peuvent refaire l’exploit de 2007 : éliminer le Pays de Galles dès les phases de poule.
Le premier week-end de la compétition nous fixera définitivement. Avec la rencontre Australie – Géorgie de samedi après-midi, et celle du lendemain soir Pays de Galles – Fidji, on devinera la hiérarchie de ce groupe.
Côté australien, cette Coupe du Monde doit préparer aux prochaines échéances plus importantes. Groupe le plus jeune en moyenne cette année de la Coupe du Monde (26 ans et demi) et le plus inexpérimenté (20 sélections en moyenne pour 25 joueurs faisant leur début dans cette compétition), les coéquipiers de Carter Gordon préparent en fait la venue des Lions Britanniques et Irlandais au pays-continent en 2025, et surtout, la Coupe du Monde 2027 à domicile.
C’est une équipe qui en est peut-être au même point que l’équipe de France en 2019.
Et le Portugal ?
Les Loups ibériques arrivent avec des intentions de jeu portées par l’ancien adjoint de Philippe Saint-André en équipe de France, Patrice Lagisquet. Et autant vous dire que cette équipe n’a rien de comparable avec les Bleus de l’époque 2011-2015. Vitesse, combinaisons, qualités individuelles, tout est présent au Portugal pour le spectacle. Battus seulement 32-20 en match de préparation par l’Australie A (équipe bis qui avait en fait plus d’expérience du niveau international que les Wallabies présents à la Coupe du Monde), les coéquipiers de Samuel Marquès ne feront pas de la figuration.
Le manque de puissance de leur paquet d’avant risque néanmoins de leur fait défaut.
Terminons par le Pays de Galles.
Équipe en fin de cycle, avec des anciennes gloires (Alun-Wyn Jones, Justin Tipuric par exemple) qui se sont échappées pour ne pas disputer le mondial, un sélectionneur qui en fait regrette d’être revenu, un jeu démodé depuis environ une décennie… difficile de savoir ce que vaut cette équipe.
Défoncée par l’Afrique du Sud à domicile (16-52) pour son dernier match de préparation le 19 aout dernier (nickel pour le moral), on se dirige plus vers le précipice que le paradis côté celte.
La Poule C est donc, vous l’aurez compris, véritablement chaotique cette année. Et bien malin celui qui arrivera à prédire qui se qualifiera pour les quarts de finale.