Difficile de s’y faire. Mais l’arrière des All Blacks, Beauden Barrett, meilleur joueur du monde 2016 et 2017, a perdu de sa superbe et n’est plus que l’ombre de lui-même.
Moins rapide, moins tranchant, moins vif, Barrett se contente d’un rôle de gestionnaire, de stratège, lui qui aimait attaquer la ligne adverse de manière quasiment chorégraphique.
Face à l’équipe de France pour le match d’ouverture de la Coupe du Monde au Stade de France, l’arrière des Auckland Blues n’a pas pesé sur le match. Pire, ses choix de jeu au pied ont été vivement critiqué.
En effet, alors que la Nouvelle-Zélande devait occuper le camp adverse pour lancer ses attaques de moins loin, Barrett a choisi quasi systématiquement les coups de pieds de pression à la relance, en lançant notamment Will Jordan ou Mark Telea au duel.
Et lorsqu’il s’est finalement décidé à relancer le ballon à la main en fin de match, le score était déjà fait et s’est même alourdi.
Alors, faut-il que le sélectionneur des All Blacks s’obstine à garder Barrett en titulaire dans l’équipe ? Car deux options alléchantes apparaissent et pourraient être glamour pour les Kiwis.
D’abord, le choix de placer Will Jordan à l’arrière. C’est tout simplement le joueur le plus talentueux de sa génération. Titulaire à ce poste avec les Crusaders, Jordan a marqué pas moins de 23 essais en 27 titularisations en équipe narionale. S’il a été ailier la plupart de ses sélections avec les Blacks, celles-ci nous ont montré ses qualités de relanceurs que n’importe quel arrière envierait !
Aussi, Jordan est excellent avec son jeu au pied pour jouer dans les zones dégarnies du terrain. Face à des défenses compactes et fournies en joueurs, il pourrait largement tirer son épingle du jeu et apporter de la folie au jeu néo-zélandais. La Nouvelle-Zélande redeviendrait une menace permanente en contre-attaque et en relance comme jadis.
L’autre option de Ian Foster se nomme Damian McKenzie. Joueur de la saison en Super Rugby avec les Chiefs de Waikato, l’arrière est lui aussi un redoutable relanceur hors-pair, et possède une vision du jeu rare. Petit et rapide, c’est un enfer pour le rattraper.
Et lorsqu’il s’agit de jouer au pied, McKenzie voit toujours juste. Également très bon buteur, c’est un atout à son avantage qui pourrait permettre à Richie Mo’Unga d’être soulagé d’une telle tâche.
Si fort qu’était Beauden Barrett lors de ses grandes années avec le maillot de All Blacks, il est peut-être temps de tourner la page avec lui et côté néo-zélandais de tenter un coup de poker pour apporter du dynamisme à la ligne de trois-quarts et de la vitesse à la relance, qualité historique et qui manque actuellement.
Face à l’équipe de France, la Nouvelle-Zélande a attaqué de trop loin pour espérer marquer des points et a manqué de longueur dans le jeu au pied ainsi que de bons choix avec l’utilisation de celui-ci. Et le choix de Damian McKenzie ou de Will Jordan en numéro 15 pourrait être bénéfique pour les hommes de Ian Foster dans cette Coupe du Monde.