Concession du Stade de France. La FFR et FFF pourraient aller voir ailleurs

Le feuilleton du Stade de France continue de traîner en longueur. Alors que la signature d’un nouveau contrat était initialement prévue pour avril, l’accord définitif tarde toujours à se concrétiser. Depuis décembre, l’État, propriétaire du stade, mène des négociations exclusives avec GL Events, après avoir écarté l’actuel concessionnaire Vinci-Bouygues, qui exploitait l’enceinte depuis 1995. Mais les discussions achoppent encore, notamment en raison de l’opposition des fédérations de football (FFF) et de rugby (FFR) sur certains points.

La FFF lance un appel d’offres pour ses matchs

Parmi les éléments bloquants, il y a le recours de Vinci-Bouygues auprès du Conseil d’État pour dénoncer un “traitement inégal”, bien que cette requête ait déjà été rejetée une première fois par le tribunal administratif de Montreuil. Mais surtout, il manque un accord clair entre les fédérations sportives (FFF et FFR) et le futur gestionnaire du stade.

Faute de garanties sur l’avenir, la Fédération française de football a pris les devants. Ce jeudi matin, elle a officiellement lancé un appel d’offres pour organiser les matchs des Bleus à partir de la saison 2025-2026, soit dès août 2025.

« Puisque nous ne connaissons pas aujourd’hui l’identité du futur concessionnaire du Stade de France, nous devons envisager un plan B. Nous devons sécuriser la localisation de nos matchs dans des délais compatibles avec ceux de nos instances internationales », a expliqué Philippe Diallo, président de la FFF.

La FFF semble ainsi mettre la pression sur GL Events, qu’elle juge insuffisamment convaincant sur le plan financier. Comme l’avait révélé L’Équipe début mars, les propositions économiques du groupe événementiel ne sont pas jugées acceptables par la FFF.

La FFR a obtenu des garanties, mais reste prudente

Côté rugby, la Fédération française (FFR) adopte une posture plus mesurée. Elle a déjà obtenu des garanties écrites de la part de GL Events, notamment :

• Un maximum de quatre matchs par an au Stade de France

• Une forte réduction du loyer

• Un pourcentage de reversement sur les loges et hospitalités similaire à ce qui se pratique en province

• Une clause de sortie au bout de 12 ans, contre 30 ans auparavant

Cependant, aucun contrat officiel n’a encore été signé. Le président de la FFR, Florian Grill, confirmait fin février dans Le Figaro :

« On compte sur nous pour le Stade de France, mais nous avons fixé des règles claires. Nous avons obtenu tout cela, mais nous n’avons pas encore signé. Jouer en province fait partie des options possibles… »

Des contreparties proposées par GL Events, mais rejetées

Dans un courrier adressé à la FFR le 25 janvier, Christophe Cizeron, président de GL Events Venues, a proposé plusieurs avantages pour convaincre la fédération de rugby, notamment :

• L’utilisation gratuite du Matmut Gerland (propriété de GL Events) pour un ou deux matchs par an

• L’intégration de la FFR dans la gouvernance du Stade de France

• Une éventuelle montée de la FFR au capital du Stade de France

Mais ces offres n’ont pas convaincu. Florian Grill a confirmé avoir reçu ces propositions, mais les a rejetées :

« Nous n’avons pas répondu favorablement. Gerland, ça n’a pas de sens pour le XV de France : c’est trop petit (35 000 places). Et être associé, pourquoi pas à l’avenir, mais là, c’est trop tôt. Ce qui nous importe pour le moment, c’est surtout d’obtenir un loyer bas. »

Le rugby aussi regarde vers la province

Tout comme la FFF, la FFR réfléchit à un plan B en cas d’échec des négociations avec GL Events. Elle envisage déjà de délocaliser certains matchs de la tournée de novembre 2025 en province.

« On a encore un peu de temps, mais il faut anticiper au cas où l’État ne valide pas la concession de GL Events », reconnaît Florian Grill.

Un dossier toujours en suspens

Alors que l’État tarde à trancher définitivement, l’avenir du Stade de France reste incertain. La FFF met la pression avec son appel d’offres, tandis que la FFR garde des options ouvertes. Le dossier pourrait encore traîner, mais une chose est sûre : les fédérations veulent éviter toute situation d’incertitude pour leurs équipes nationales.