Écarté du groupe de Perpignan dimanche dernier pour la réception de Pau, le jeune deuxième-ligne international de 21 ans, pourtant promis à une grande carrière, semble marquer le pas depuis plusieurs mois.
Retour en 2024. Lors de la 1re journée du Tournoi des Six Nations, le XV de France reçoit l’Irlande au Vélodrome. Le grand public découvre alors Posolo Tuilagi, 19 ans, deuxième-ligne perpignanais, gros porteur, d’origine samoane. Entré en seconde période, il apporte sa puissance dans une soirée compliquée pour les Bleus de Thomas Ramos, lourdement battus 17-38. Il enchaîne ensuite deux autres sélections, dont une première titularisation face à l’Italie (13-13 à Lille). Fabien Galthié avait salué sa très bonne entrée ce soir-là.
Gabarit hors norme (1,94 m, 149 kg), Tuilagi s’impose alors comme la nouvelle pépite du rugby français. Déjà champion du monde U20 en 2023 au sein d’une génération dorée (Depoortere, Attissogbe, Jégou, Nouchi, entre autres), il enchaîne en Top 14 et semblait en mesure de s’installer chez les Bleus. Mais tandis que plusieurs de ses anciens coéquipiers brillent en ce début d’année 2026, le Catalan, lui, traverse une période délicate.
Des blessures à répétition. Depuis la fin de la saison 2023-2024 et après une tournée d’été ratée en Argentine, il n’a disputé que 18 matchs. D’abord une double fracture tibia-péroné contre Clermont fin 2024, qui l’éloigne sept mois. Revenu d’une fracture de fatigue à la jambe gauche, contractée juste avant le début de l’exercice 2024-2025, il rechute en novembre face à Montpellier (défaite 28-0) avec une entorse du genou.
Le manager de l’USAP, Laurent Labit, venu sauver le club de la relégation, avait pointé l’exigence du très haut niveau : il attend la meilleure version de ses joueurs, estime qu’il faut en faire davantage, Posolo le premier. Selon lui, « on ne revient pas de dix jours d’arrêt avec cinq ou six kilos en plus » sans compromettre la reprise et s’exposer aux blessures. Message entendu, assurait Tuilagi le 24 janvier au micro de Canal+ après la victoire contre Montauban : un rappel à l’ordre « pour son bien », qu’il dit ne pas avoir mal pris et qui l’a poussé à se remettre en question.
Après deux mois loin des terrains, le prometteur deuxième-ligne, très attendu à Aimé-Giral, semblait enfin lancer sa saison. Il n’aura enchaîné que quatre matchs de suite avant qu’un nouvel épisode ne freine son ascension.
Son hygiène de vie est montrée du doigt. Dimanche dernier, pour la réception de la Section Paloise (match en retard de la 17e journée), il figurait sur la feuille mais a finalement été écarté, officiellement pour raison médicale. Derrière cette version, il s’agirait surtout d’une sanction décidée par Laurent Labit. Selon Actu Rugby, Tuilagi serait arrivé en retard à la mise en place du samedi matin. Le même média évoque une hygiène de vie loin d’être irréprochable, avec des sorties nocturnes fréquentes. Une story Instagram publiée dans la nuit de samedi à dimanche par son père, Henry Tuilagi, montrait d’ailleurs Posolo et plusieurs joueurs de l’USAP dans une boîte de nuit à Canet-en-Roussillon, de quoi agacer sérieusement les dirigeants catalans.
Non retenu pour la tournée d’été 2025 chez les All Blacks, Tuilagi paraît aujourd’hui loin du maillot bleu. Fabien Galthié a expliqué que, pour le moment, d’autres joueurs étaient privilégiés et que le poste restait bien pourvu. Laurent Labit, lui, rappelle qu’à 21 ans, Tuilagi possède un potentiel physique et rugbystique exceptionnel et devrait, à terme, être un titulaire régulier en équipe de France et disputer les plus grands matchs internationaux. Selon lui, s’il est au point physiquement, il n’existe pas d’autre joueur comme lui à cet âge. Les blessures et l’exigence du très haut niveau finiront-elles par le rattraper ?