Ce remake très attendu entre l’Irlande et l’Afrique du Sud promet de tenir en haleine le monde du rugby. Deux géants, deux styles opposés, deux des équipes les plus dominantes de 2025 : tous les ingrédients d’un choc monumental à l’Aviva Stadium.
Les compositions
Irlande
Mack Hansen Tommy O’Brien Garry Ringrose Bundee Aki James Lowe Sam Prendergast Jamison Gibson-Park Andrew Porter Dan Sheehan Tadhg Furlong James Ryan Tadhg Beirne Ryan Baird Josh van der Flier Caelan Doris
Remplaçants : Kelleher, McCarthy, Bealham, Cian Prendergast, Conan, Casey, Crowley, Farrell
Afrique du Sud
Damian Willemse Canan Moodie Jesse Kriel Damian de Allende Cheslin Kolbe Sacha Feinberg-Mngomezulu Cobus Reinach Boan Venter Malcolm Marx Thomas du Toit Eben Etzebeth Ruan Nortje Siya Kolisi (cap.) Pieter-Steph du Toit Jasper Wiese
Remplaçants : Grobbelaar, Steenekamp, Louw, Snyman, Kwagga Smith, Esterhuizen, Williams, Libbok
Les stats à connaître
L’Irlande a remporté 9 des 14 derniers duels, mais 11 de ces matchs se sont joués à 7 points ou moins. Les Irlandais restent sur 25 victoires en 27 matchs à domicile. Les Springboks arrivent en Europe avec 9 succès consécutifs sur le Vieux Continent et six victoires de rang toutes compétitions confondues. Les deux équipes marquent plus de 5 essais par match en 2025, et possèdent les meilleures défenses des nations du Tier 1. Joueurs à suivre : Mack Hansen, auteur d’un triplé face à l’Australie et buteur lors des deux derniers duels face aux Boks. Dan Sheehan et Sacha Feinberg-Mngomezulu, tous deux au-dessus d’un essai marqué par 80 minutes. Grant Williams, maître des passes décisives côté sud-africain. Impacts dominants : Irlande (38 %), Afrique du Sud (39 %) ; les Boks dominent en plaquages dominants (10 %).
Une rivalité relancée
Peu d’affiches dans le rugby moderne portent autant de poids symbolique qu’Irlande – Afrique du Sud. L’électrochoc du Mondial 2023 a intensifié cette rivalité :
Victoire irlandaise 13–8 à Paris, seule défaite des futurs champions du monde dans le tournoi.
Depuis 2004, la dynamique s’est rééquilibrée :
Sud-Af : 19 victoires Irlande : 10 victoires 1 match nul
L’Irlande a pris l’ascendant dans les années 2010-2020, mais les Springboks restent les maîtres du rugby de pression et de la puissance.
Clé du match : précision vs. puissance
Irlande : structure et maîtrise
L’équipe d’Andy Farrell repose sur un jeu méthodique, une circulation de balle précise, et une exploitation chirurgicale du moindre turnover.
Les lignes arrière combinent créativité, vitesse et capacité à jouer debout.
Afrique du Sud : domination physique et pression constante
Les Boks s’appuient sur leur ADN :
collisions, grattages, jeu au pied d’occupation, puissance dans toutes les zones d’impact.
Ils chercheront à imposer leur rythme, à étouffer l’Irlande et à provoquer des fautes dans le camp adverse.
Néanmoins, l’Irlande semble manquer de renouvellement dans son jeu, et a des débats concernant le poste de numéro 10. Entre Sam Prendergast et Jack Crowley, les arguments pour savoir si le joueur du Leinster ou celui du Munster devrait être titulaire ne manquent pas.
Prendergast possède une bonne gestuelle mais manque peut-être de sang froid sous pression. Crowley, justement, arrive à tenir son équipe et peser dans la rencontre.
En face, le phénomène Sasha Feinberg-Mngomezulu est le visage du renouveau des Springboks. Sous l’influence de leur entraîneur néo-zélandais de l’attaque Tony Brown, l’Afrique du Sud a, en plus de son jeu traditionnel de démolition, une appétence pour le jeu d’arrière et la vitesse, via ses ailiers Cheslin Kolbe et Kurt-Lee Arendse, sa charnière (Cobus Reinach ou Grant Williams à la mêlée), son arrière Damian Willemse etc.
Une ambiance unique à Dublin
Un test à l’Aviva a sa propre atmosphère :
pubs bondés sur les quais, chants dans les rues, maillots verts déferlant vers Lansdowne Road.
Quand résonnent Amhrán na bhFiann et Nkosi Sikelel’ iAfrika, l’électricité est palpable.
Sur le terrain : chaque collision, chaque turnover, chaque chandelle retenue peut faire basculer le match.
Les cinq derniers affrontements
2024 : Afrique du Sud 24–25 Irlande 2024 : Afrique du Sud 27–20 Irlande 2023 (Mondial) : Irlande 13–8 Afrique du Sud 2022 : Irlande 19–16 Afrique du Sud 2017 : Irlande 38–3 Afrique du Sud
Irlande : enrichir son jeu
L’enjeu des Irlandais est simple : depuis 2021, les hommes d’Andy Farrell avaient un jeu très efficace porté autour de leurs cellules d’avants, capables très proches devant la ligne de défense de joueur à hauteur et faire des choix au dernier moment avant contact.
Désormais, les adversaires se sont adaptés et arrivent à bien rester liés en défense. Ce qui enferme les Irlandais vers les extérieurs sans décalage.
Ce qu’il faudrait côté Irlandais : plus de jeu dans l’axe, plus d’utilisation du jeu au pied, plus de jeu après contact. Voyons comment les coéquipiers de Caelan Doris réagiront face à la puissance sud-africaine.
Afrique du Sud : battre sa bête noire
C’est le paradoxe des Springboks. Bien que double champions du mondes, une équipe leur résiste depuis maintenant plusieurs saisons : l’Irlande.
Et cela a tendance à traumatiser l’Afrique du Sud de ne pas arriver à faire plier ce petit pays d’irréductibles irlandais.
Si Rassie Erasmus est bel et bien installé dans la tête de Fabien Galthié, Andy Farrell a réussi à semer le doute dans celle du sélectionneur sud-africain.
Souvenez-vous de la Coupe du Monde 2023. Pour la rencontre au sommet de la poule B entre les deux équipes, les Springboks décident d’aligner un banc en 7-1, exactement comme celui qui avait terrorisé les All Blacks deux semaines avant le coup d’envoi de la compétition (victoire 35-7).
Les Irlandais, ne se sont pas laissés impressionner et ont répondu avec un banc en… 5-3.
Résultat, l’Irlande a souffert en fin de match, les les trois-quarts ont colmaté les brèches en multipliant les cartouches sur leurs adversaires. Une défaite 8-13 à l’arrivée qui reste encore gravée dans les mémoires, malgré le titre de champion du monde.
À l’Afrique du Sud donc de trouver les solutions pour marcher sur l’Irlande comme a réussi à le faire sur ces autres adversaires depuis deux ans.