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Le possible retrait des franchises sud-africaines de la European Rugby Champions Cup représenterait un tournant majeur pour le rugby mondial. Selon les informations révélées par The Times, la South African Rugby Union (SARU) doit trancher en juillet sur les compétitions qu’elle souhaite conserver.
Le principal motif : la surcharge des joueurs
Le président de la SARU, Mark Alexander, estime que les internationaux sud-africains sont poussés à l’extrême :
- saison de United Rugby Championship de septembre à juin,
- tournées internationales en juillet,
- puis compétitions de l’hémisphère sud en août et septembre.
Les dirigeants sud-africains considèrent que ce calendrier ne laisse quasiment aucune période de récupération aux Springboks.
Une remise en cause du modèle européen
Depuis 2022, les franchises sud-africaines (Stormers du Cap, Bulls de Pretoria, Lions de Johannesburg et Sharks de Durban), participent à la Champions Cup et à la Challenge Cup via leur intégration à l’URC.
Mais les déplacements intercontinentaux de plus de 13 000 km pendant la phase de poules ont créé :
- des problèmes logistiques,
- une fatigue importante,
- des rotations massives d’effectifs,
- et parfois une baisse de qualité sportive.
Aucune équipe sud-africaine n’a d’ailleurs encore atteint les demi-finales de la Champions Cup.
Des conséquences énormes pour le rugby européen
L’European Professional Club Rugby perdrait un marché stratégique et une partie de son ambition “mondiale”.
Beaucoup verraient ce départ d’un bon œil. Certains dirigeants souhaitent revenir à une Coupe d’Europe plus “traditionnelle”, centrée sur les clubs européens historiques et avec davantage d’intensité sportive.
Des clubs comme le Stade Toulousain, Leinster Rugby ou Saracens voudraient retrouver une formule plus resserrée.
Menace sur la future Coupe du monde des clubs
Ce retrait compliquerait aussi le projet de Coupe du monde des clubs prévu pour 2028, qui devait inclure les franchises sud-africaines.
Sans elles, le projet perdrait une partie importante de sa dimension globale et de son attractivité commerciale.
Le contexte international pèse aussi
La SARU pousse depuis longtemps pour un calendrier mondial harmonisé avec le Six Nations Championship et le Rugby Championship disputés sur les mêmes périodes.
Mais cette idée se heurte régulièrement à l’opposition de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie.
Cette année, le Rugby Championship est même remplacé par une série de quatre tests entre les All Blacks et les Springboks en Afrique du Sud, baptisée « Rugby’s Greatest Rivalry ».
Une décision très politique
La SARU semble donc tiraillée entre :
- protéger ses joueurs,
- préserver ses revenus,
- développer la Currie Cup,
- et rester intégrée au rugby européen.
La décision attendue en juillet pourrait redessiner durablement l’équilibre du rugby professionnel mondial.