Une équipe historique du rugby français est peut-être sur le point de revenir parmi l’élite.
L’ASBH, club mythique aux onze Boucliers de Brennus, pointe à la première place de Pro D2 après 20 journées de championnat.
Les nostalgiques du « Grand Béziers » (qui a remporté dix Boucliers de Brennus entre 1971 et 1984), se mettent à rêver du Top 14, 19 ans après avoir quitté la première division française (à l’époque Top 16).
Car il faut dire que rien ne résistait à l’équipe entrainée par Raoul Barrère, composée de Richard Astre, Alain Estève ou Armand Vaquerin. Un pack dominateur qui broyait ses adversaires, et qui allait conquérir le Brennus au Parc des Princes, sans jamais toute fois réaliser un triplé d’affilée dans son histoire.
Mais quelles galères que le club rouge et bleu a connues depuis !
Reléguée en Fédérale 1 en 2009, l’ASBH avait finalement remporté en 2011 le titre de champion de France de troisième division pour remonter en Pro D2. Une bénédiction pour le club qui risquait alors de perdre son centre de formation, et son statut de club professionnel.
Sauvé la saison suivant d’une nouvelle relégation en étant repêché à la place de Bourgoin-Jallieu, sanctionné pour raisons financières par la DNACG, les Bitterois enchaînaient depuis les places dans le ventre mou de Pro D2, jusqu’à même atteindre les barrages en 2018.
Et puis, il y a eu le dossier Christophe Dominici, ancien international français aux 67 sélections, qui avait présenté un projet de rachat avec un conglomérat émirati à l’été 2020.
Un dossier de reprise qui n’avait pas été retenu. C’est finalement la mairie de Béziers, depuis l’été 2021, qui est le propriétaire.
L’ASBH est donc un club municipal, qui possède l’un des jeux les plus séduisants du championnat.
Avec sa colonie de portugais (Francisco Fernandes, Samuel Marques et Raffele Storti), les joueurs de Pierre Caillet possèdent la meilleure attaque avec 551 points inscrits, ainsi que le meilleur marqueur d’essai, Costa Storti, avec 16 essais.
Une attaque spectaculaire et une volonté de jouer tous les ballons pour mettre du rythme pendant 80 minutes. En témoignent toutes les pénalités jouées rapidement par Samuel Marques, en forme international depuis sa superbe Coupe du Monde avec le Portugal.
Et cette stratégie pourrait s’avérer payante.
À dix journées de la fin, le club héraultais est à la lutte avec Vannes et Aix-en-Provence, les deux favoris pour aller chercher une montée en Top 14. Mais Béziers compte bien profiter de sa belle saison et de tout tenter pour pourquoi pas, prendre la place du voisin montpelliérain en Top 14…