Pro D2. Robert Ménard et l’ASBH au cœur d’une plainte et d’une enquête

Rien n’est jamais calme à Béziers. Le départ surprise de Christophe Chollet, directeur général nommé en juillet dernier, intervient dans un contexte explosif, marqué par une plainte visant les coprésidents de l’association ASBH et le maire de la ville, Robert Ménard.

À peine deux mois après sa nomination, Christophe Chollet a été écarté de son poste de directeur général de l’ASBH. Une décision qui a pris de court bon nombre d’observateurs et de supporters, d’autant que l’ancien entraîneur-adjoint, artisan de la montée en Pro D2 en 2011, était encore présent le 30 août à l’assemblée générale de Rugbiterre. Rien ne laissait présager une telle rupture.

Proche de l’association ASBH, présidée par Éric Freitas et Gérard Tugas, Chollet incarnait le trait d’union entre le secteur professionnel et l’associatif. Mais c’est justement cette proximité qui pourrait lui avoir coûté sa place.

Une plainte inattendue

Au cœur de l’été, un contribuable biterrois a déposé plainte auprès du procureur de la République. Le document, que Actu Rugby a pu consulter, vise directement les coprésidents de l’association pour escroquerie, et Robert Ménard pour détournement de fonds publics.

En cause : la marque ASBH. Tombée dans le domaine public après un non-renouvellement auprès de l’INPI, elle aurait pourtant été facturée 128 000 € entre 2021 et 2023 par l’association à la SASP Béziers Rugby (contrôlée alors par la mairie) pour son utilisation. « Les contribuables biterrois ont indûment versé 128 000 € pour une marque libre de droits », dénonce le plaignant.

L’Agence anticorruption sur le dossier

Alertée, l’Agence française anticorruption a ouvert une enquête et suit de près le dossier. Une perspective qui n’arrange pas Robert Ménard, à sept mois des élections municipales. Selon nos informations, l’édile aurait demandé aux deux coprésidents le remboursement de la somme. Refus catégorique.

Dans ce bras de fer, Christophe Chollet, jugé trop aligné sur Freitas et Tugas, se serait retrouvé en porte-à-faux. Sa mise à l’écart apparaît comme une conséquence directe de cette fracture entre mairie et association.

Un nouvel épisode dans la saga biterroise

La situation confirme une constante : à Béziers, le rugby ne se limite jamais au terrain. Les supporters, eux, oscillent entre lassitude et inquiétude pour l’avenir du club, une nouvelle fois secoué par des affaires extra-sportives.