Équipe de France. Vidéo. Dupont sauveur, pilier droit à pourvoir, imbroglio italien… ce qu’on retient de ce France-Italie

Après la victoire des Bleus dimanche à Villeneuve-d’Ascq (33-8) lors de la 3e journée du Tournoi des Six Nations, voici ce qui nous a marqué.

Dupont totalement rassurant

Le forfait de Matthieu Jalibert a bouleversé l’organisation et mis fin à l’animation offensive à trois (Dupont-Jalibert-Ramos) qui avait brillé lors des deux premiers matchs. Avec Attissogbe aligné à l’arrière dans un rôle quasi d’ailier supplémentaire aux côtés de Louis Bielle-Biarrey, la conduite du jeu a surtout reposé sur la charnière. Comme Ramos a alterné le bon et le moins bon, le capitaine a souvent pris les commandes. Il a distribué 63 passes, multiplié 10 courses au ras, et montré qu’il avait pleinement retrouvé ses moyens physiques, à peine quatre mois après son retour. Il a reconnu qu’en novembre, à la reprise, il restait des incertitudes, mais dit avoir tout récupéré au bout de trois ou quatre matchs, avec les mêmes sensations qu’avant. Thomas Ramos a confirmé: Dupont a suivi une rééducation exemplaire, avec des objectifs très élevés, et son niveau actuel ne surprend pas ceux qui le voient travailler au quotidien. Il a encore prouvé dimanche quel compétiteur il est.

Bielle-Biarrey enchaîne les records

Inutile de lister toutes ses stats: côté Tournoi, c’est déjà impressionnant. En 2025, avec 8 essais en cinq matchs, Louis Bielle-Biarrey avait égalé le record sur une édition. Cette année, il en est à quatre essais en trois rencontres (2+1+1) et devient le premier joueur à marquer au moins un essai lors de huit matchs consécutifs dans le Tournoi, devant l’Anglais Tommy Freeman (7). Série en cours, donc record encore perfectible.

Dreán, débuts XXL

Le forfait tardif de Jalibert et la réorganisation des trois-quarts ont accéléré la première sélection du Breton de 25 ans. Cela faisait plus d’un an que l’ailier du RCT s’entraînait avec les Bleus, souvent renvoyé à Toulon ou cantonné au rôle de réserviste. Galthié lui avait même proposé de le libérer pour éviter une nouvelle frustration, mais Gaël Dreán a préféré rester, “au cas où une petite fenêtre s’ouvrirait”. Elle s’est ouverte en grand, et celui qui a été élu révélation de la dernière saison de Top 14 s’y est engouffré. Un peu stressé, mal endormi la veille, il a lancé son match par deux gros plaquages, puis s’est jeté sur la moindre opportunité. Tout près de marquer avant la pause, poussé en touche à quelques centimètres de l’en-but, il a finalement ouvert son compteur en fin de rencontre sur un jeu au pied de Ramos vers l’aile opposée. Première sélection, premier essai: carton plein. Et sous les yeux de sa compagne, de ses parents et de son frère. Anecdote: il avait donné ses places à des amis avant de les rappeler en urgence samedi soir pour les récupérer et inviter ses proches.

Un pilier droit introuvable

On comprenait pourquoi Fabien Galthié espérait mener Uini Atonio jusqu’à 2027 malgré son âge. Mais le Rochelais a dû arrêter sa carrière début janvier après un grave problème cardiaque. Pour le remplacer au poste clé de pilier droit, Dorian Aldegheri a enchaîné trois titularisations, sans convaincre: pas dominateur en mêlée fermée (deux pénalités concédées contre l’Italie) et vite émoussé dans le jeu, avec un replacement trop lent. Derrière, Régis Montagne paraît un peu plus mobile mais pas plus solide au front. Georges-Henri Colombe a un gros potentiel physique, à condition d’améliorer son endurance et de gérer son poids. Le staff, et William Servat en tête, mise aussi sur Tevita Tatafu, le plus robuste en mêlée, mais il traîne des kilos en trop, une VMA insuffisante et des blessures à répétition. C’est LE poste en friche du XV de France, et le temps presse pour dénicher une révélation d’ici 2027.

L’Italie plie à… 13

Il y avait 19-8 à la pause, et encore 19-8 à la 70e. Les Italiens pliaient sans rompre, tandis que les Bleus chassaient un quatrième essai pour le bonus offensif et que les Azzurri espéraient, sinon l’exploit, au moins le bonus défensif. Tout a basculé à la 70e: carton jaune logique pour l’ailier Louis Lynagh après un en-avant volontaire. Touche pour la France. Sauf que l’Italie n’est plus à 14 mais à 13: sur le ruck précédent, Ange Capuozzo s’est blessé à l’épaule et doit sortir. Grosse confusion au bord du terrain: David Odiase s’apprête à entrer, puis le staff choisit finalement de faire revenir Monty Ioane. Changement précipité, refusé par les arbitres assistants. Dans la foulée, Ramos tape au pied vers l’aile déserte et envoie Dreán à l’essai: 26-8, match plié. De quoi déclencher la colère noire de Gonzalo Quesada, descendu de sa tribune pour s’expliquer avec les officiels.

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