La compétition rebelle R360, projet souhaitant débuter fin 2026, a passé la seconde et vise le gratin du rugby mondial !
Début 2025, avant de prolonger son contrat en Nouvelle-Zélande, une star actuelle des All Blacks s’est vu proposer une offre faramineuse de 12 millions de dollars sur trois ans pour rejoindre la ligue rebelle R360. Ce dernier, resté anonyme, a refusé néanmoins.
Antoine Dupont aurait quant à lui aussi selon le site australien Roar.com, été approché pour envisager une possible signature dans ce nouveau championnat.
Si les deux stars ne se sont pas (encore ?) engagés, pas moins de 148 joueurs auraient signé des contrats conditionnels, exprimant leur volonté de rejoindre R360 si certaines conditions sont remplies d’ici le 30 septembre. L’objectif est de réunir 280 joueurs pour composer les effectifs de huit équipes masculines.
Des entraîneurs de renom, comme Michael Cheika, ex-sélectionneur des Wallabies et récemment finaliste de Premiership avec Leicester, auraient aussi été contactés.
Les organisateurs ciblent notamment des Sud-Africains et Argentins – qui peuvent jouer à l’étranger tout en restant sélectionnables en équipe nationale –, ainsi que d’anciens All Blacks et des internationaux britanniques et irlandais.
Certaines stars des Wallabies auraient déjà signé, tandis que d’autres, comme Fraser McReight ou Len Ikitau, auraient décliné des offres dépassant 1 million de dollars par saison.
Des stars de la NRL dans les petits papiers
Six joueurs vedettes de la NRL (ligue de rugby à XIII australienne) – parmi lesquels Ryan Papenhuyzen, Kalyn Ponga, Roger Tuivasa-Sheck ou Nelson Asofa-Solomona – auraient aussi signé des engagements conditionnels.
Max Jorgensen, jeune prodige de 20 ans des Wallabies qui s’est illustré face aux Lions cet été, reste une cible prioritaire. Il est représenté par Clinton Schifcofske, également agent de Papenhuyzen. Un autre de ses clients, Jye Gray, jeune espoir des Rabbitohs avec un solide passé en rugby à XV, serait aussi en discussion.
L’entraîneur de Gray, Wayne Bennett, a tout de même récemment mis en garde contre la menace que représente R360 :
« La NRL est la compétition la plus difficile au monde. Mais nous sommes clairement sous menace. Le jeu doit se rassembler et discuter de ce qui se passe. »
R360 : réelle opportunité ou projet utopique ?
Malgré l’agitation, le scepticisme demeure. R360, soutenu notamment par Mike Tindall, ancien champion du monde avec l’Angleterre et gendre de la famille royale britannique, veut révolutionner le rugby, à la manière de ce qu’a fait Kerry Packer dans le cricket.
Le concept s’inspire de la Formule 1 et de l’IPL (Indian Premier League) : une ligue itinérante de 21 semaines, avec 8 équipes masculines et 4 féminines. Des investisseurs venus de la Premier League, de la F1 et de la NFL se montreraient intéressés par l’achat de franchises.
Mais pour voir le jour en septembre 2026, deux conditions majeures doivent être réunies :
– Un accord de diffusion avec une grande chaîne
– Un afflux massif de joueurs engagés, indispensable pour débloquer une nouvelle levée de fonds privée
Sans ces éléments, le projet pourrait bien ne jamais décoller.
Une base à Dubaï et des fonds mystérieux
La ligue serait basée à Dubaï, offrant des avantages fiscaux considérables. Selon les sources, les financements viendraient d’entreprises américaines et britanniques. D’autres parlent de capitaux du Moyen-Orient, sans pouvoir dire s’ils sont qataris ou saoudiens.
Le projet serait financé pour deux ans et demi. Mais sans site web, sans sponsors, sans accord télé, et sans entraîneurs confirmés, R360 semble encore loin de la réalité.
Lors de réunions avec des membres du Conseil de World Rugby, les dirigeants de R360 ont même ignoré les dates des fenêtres internationales. Un amateurisme surprenant pour une structure voulant injecter des centaines de millions de dollars. Une manière d’endormir la fédération internationale pour la prendre au dépourvue ?
World Rugby reste prudent, mais attentif
Malgré tout, World Rugby prend l’initiative au sérieux. Avant le troisième test des Lions à Sydney samedi dernier, Alan Gilpin, directeur général de World Rugby, déclarait :
« On doit ouvrir le dialogue avec eux. On dit toujours que le rugby a besoin d’investissements, et l’Australie en est un parfait exemple.
Tant que cet argent sert à rendre le jeu plus durable, on l’encouragera. »
Gilpin a aussi rappelé que le rugby international reste l’objectif ultime pour les joueurs :
« Dans notre sport, le niveau international est le sommet. Toute compétition doit leur permettre de continuer à le viser. Sinon, ils n’y adhéreront pas. »
De son côté, le patron de Rugby Australia, Phil Waugh, reste vigilant mais réservé :
« On est en contact avec R360, mais on n’a que peu d’infos. Oui, des joueurs ont signé, mais on ne connaît pas encore le modèle économique. »
Enfin, Peter Horne, directeur de la haute performance de RA, assure que l’Australie est préparée :
« On a sécurisé 38 joueurs éligibles pour les Wallabies ces 12 derniers mois. L’objectif est d’investir sur le long terme dans notre propre compétition. »
Comme le football avec le projet de Super League, le rugby est de nouveau sur le point de gérer un sérieux concurrent qui souhaite chambouler tout l’éco-système.
Alors qu’une Ligue des Nations et une Coupe du Monde des clubs ont déjà été programmées pour les prochaines saisons, c’est une nouvelle compétition globale et sans réelle ancrage qui se dessine. Surtout pour des fédérations en difficultés financières qui ont justement besoin de championnats locaux attractifs comme l’est le Top 14, ainsi que de clubs auxquels les supporters puissent s’identifier.